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Thermodynamics of quantum error correction : The entropy production of a measurement-free fault-tolerant bit-flip quantum memory.

Elisa Bossard

Published Dec 1, 2025• 0 citations
Publisher

Abstract

Thermodynamique de la correction d'erreur quantique : La production d'entropie d'une mémoire quantique bit-flip tolérante aux pannes et sans mesures Le but de la correction d’erreurs quantiques (QEC) est de contrebalancer la décohérence des qubits, qui provient de leur interaction inévitable avec l’environnement. Dans ce travail, nous étudions la borne inférieure de la production d’entropie dans la correction d’erreurs quantiques, en posant la question centrale : est-il possible de lutter contre la décohérence de manière réversible ?Un travail antérieur a établi que la correction d’erreurs quantiques idéale peut, en principe, être réalisée de façon réversible. Dans ce travail, cependant, nous considérons la correction d’erreurs quantiques tolérante aux fautes, qui prend explicitement en compte les erreurs survenant pendant le processus de correction lui-même. Nous montrons que lorsque du bruit affecte le circuit durant les opérations correctrices, la correction d’erreurs quantiques ne peut plus être réversible, en raison des corrélations inutilisées qui doivent être dissipées à chaque cycle de correction.Ce résultat peut être mieux compris en établissant une analogie avec le démon de Maxwell. En correction d’erreurs quantiques, l’objectif est de retirer de l’entropie aux qubits de données. Des qubits auxiliaires sont utilisés pour enregistrer la survenue d’erreurs (diagnostic du syndrome), et cette information est ensuite employée pour les corriger (opération de récupération). À la fin de chaque cycle, les qubits auxiliaires sont réinitialisés afin de commencer un nouveau cycle. Cela est étroitement analogue au démon de Maxwell, qui utilise une mémoire pour stocker de l’information sur un système, exploite cette information pour réduire l’entropie du système, puis réinitialise sa mémoire, dissipant de la chaleur dans l’environnement conformément au principe de Landauer.Dans cette analogie, la mémoire du démon correspond aux qubits auxiliaires, tandis que le système correspond aux qubits de données. Lors du diagnostic du syndrome, des informations sur les erreurs sont enregistrées dans les qubits auxiliaires, créant des corrélations entre les qubits de données et les qubits auxiliaires. Lors de l’opération de récupération, ces corrélations sont utilisées pour corriger les erreurs sur les qubits de données et ainsi réduire leur entropie. À la fin du cycle, les qubits auxiliaires sont réinitialisés dans l’état |0⟩, ce qui génère un flux de chaleur vers l’environnement, comme le dicte le principe de Landauer.Dans le cas d’une correction d’erreurs quantiques idéale, ce processus peut, en principe, être réalisé de manière réversible, atteignant ainsi l’égalité dans la borne de Landauer.Cependant, lorsque des erreurs surviennent sur les qubits auxiliaires durant le processus de QEC (dans le langage du démon de Maxwell, lorsque des fautes affectent la mémoire du démon avant l’étape de rétroaction), ces erreurs se propagent aux qubits de données, créant des corrélations indésirables entre données et auxiliaires. De telles corrélations génèrent un flux de chaleur supplémentaire et fini vers le bain thermique, ce qui empêche d’atteindre l’égalité dans le principe de Landauer.

DOI
10.70675/8ac4c7b7zad79z43f7zbd7fzbd921bb9fb80

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Quantum Error Correction using cat qubits

Antoine Marquet

Correction d’erreurs quantiques avec des qubits de chats Au cours des deux dernières décennies, les circuits supraconducteurs se sont imposés comme une plateforme prometteuse pour la construction d’un ordinateur quantique. Cependant, ils demeurent limités par leur temps de cohérence qui reste insuffisant pour démontrer un avantage quantique pratique. La correction d'erreur quantique offre une approche pour contrer la décohérence, le principe fondamental étant d'introduire de la redondance afin de définir un qubit dit logique. Ainsi, si un qubit physique isolé subit une erreur, celle-ci peut être détectée et corrigée sans affecter l'information contenue dans le qubit logique. L'une des approches les plus intuitives, se rapprochant le plus de la correction d'erreur classique, consiste à utiliser une multitude de qubits physiques pour réaliser la redondance recherchée.Cette thèse explore une approche alternative, basée sur l'encodage de l'information quantique dans des cavités supraconductrices, la redondance étant alors simplement fournie par la dimension infinie de l'espace de Hilbert. Nous utilisons des qubits de chat pour lesquels les états logiques 0 et 1 sont des états cohérents d'un oscillateur harmonique. Ces états sont stabilisés en utilisant la dissipation à notre avantage, de sorte que les échanges de photons entre le mode harmonique et son environnement se fassent principalement par paires. Ainsi, les erreurs de type « bit-flip » sont supprimées exponentiellement avec le nombre de photons contenus dans le mode, au prix d'une augmentation linéaire des erreurs de type « phase-flip ». Ces erreurs pourraient alors être corrigées par une couche supplémentaire de correction, tel qu'un code de répétition de qubits de chats. Le coeur de ce travail de thèse consiste à introduire un circuit supraconducteur autoparamétrique qui couple de manière non-linéaire un mode contenant le qubit de chat à un mode dissipatif dont la fréquence est réglée au double de celle du mode du chat. Contrairement à de précédentes réalisations, ce couplage passif ne nécessite pas de pompe paramétrique et atteint un fort taux de dissipation d'environ 2 MHz. Les erreurs de bit-flip sont alors évitées pendant une période caractéristique pouvant aller jusqu'à 0.3 s, avec un impact modéré sur les erreurs de phase-flip. De plus, nous démontrons un contrôle universel de ce qubit en utilisant la dissipation à 2 photons pour réaliser des portes logiques X, Y et Z d'un angle arbitraire.

•Dec 12, 2023•0 citations

A critical analysis of quantum error correction methods for realistic noise processes

Pavithran Sridharan Iyer

Contrôler des systèmes quantiques avec une précision arbitraire semble être un défi insurmontable en raison de l'influence de l'environnement se manifestant sous forme d'erreurs dans les algorithmes quantiques. Cependant, il existe des protocoles de tolérance aux fautes qui résolvent ce problème en stockant l'information quantique de manière redondante dans un état à plusieurs qubits. Il est crucial d'optimiser ces protocoles, en les adaptant aux processus de génération du bruit, dans le but de minimiser l'ajout d'espace et de temps aux calculs quantiques. Les méthodes actuelles se basent sur un cycle d'optimisation comprenant la caractérisation du matériel, la modélisation du bruit et des simulations numériques. Pour la majorité des études sur la tolérance aux fautes, le bruit est modélisé comme l'application stochastique de matrices de Pauli. Cette approche, communément appelé le modèle d'erreurs de Pauli est l'exemple typique de décohérence induite par l'environnement. Les probabilités associées à chacune des matrices de Pauli définissent le taux d'erreurs. Même si ce modèle d'erreurs est utilisé pour réaliser des preuves analytiques et effectuer des simulations classiques, le niveau de précision de ce dernier dépend de la nature quantique de la source d'erreurs. Toutefois, un dispositif quantique réaliste est affecté par un processus bruyant qui n'est pas très bien approximé par le modèle d'erreurs de Pauli. Un exemple extrême étant les erreurs cohérentes causées par rotation excessive d'un qubit. De plus, un modèle général de bruit quantique illustre beaucoup plus de caractéristiques que le modèle simplifié de Pauli. La notion de taux d'erreurs est alors moins bien définie dans ces cas. Ainsi, nous avons besoin d'une mesure appropriée pour quantifier l'effet du bruit qui s'intègre bien aux preuves de tolérance aux fautes. Pour ce faire, il existe plusieurs options dont la fidélité et la norme diamant. Les simulations numériques ont été centrales au développement des protocoles de tolérance aux fautes. Généralement, des simulations impliquant des modèles de bruits spécifiques sont utilisées pour évaluer l'efficacité de ces méthodes. Dans le cas du modèle simplifié d'erreurs de Pauli, la source du bruit est simulée par un algorithme classique appliquant une matrice de Pauli tirée selon une distribution prédéterminée. Cependant, il n'est généralement pas nécessaire d'assumer que le bruit est généré de façon stochastique. Par exemple, il est possible de décrire le bruit comme une évolution temporelle du système. Malgré cela, il existe des techniques pour mesurer numériquement la performance d'un protocole de tolérance aux fautes. Dans la présente thèse, nous faisons une étude critique des méthodes actuelles d'optimisation des protocoles de tolérances aux fautes et nous appuyons nos analyses sur des observations provenant de simulations numériques. D'abord, nous montrons que les protocoles de tolérance aux fautes sont sensibles à certains détails du modèle bruits qui ne sont pas bien décrits pas les métriques standards. Alors que la valeur d'une métrique peut être la même pour deux processus bruyants, nous observons que la performance d'un protocole de tolérance aux fautes peut différer grandement pour ces deux processus. Ainsi, nous avons défini de nouvelles métriques ne reposant pas sur les méthodes standards. Ces métriques s'appuient plutôt sur des méthodes d'apprentissage automatique qui considèrent les propriétés importantes des processus bruyants et qui permettent de prédire avec plus de précision la performance d'un protocole de tolérance aux fautes. Par la suite, nous argumentons que la présence d'événements rares détériore la précision des simulations numériques. En d'autres termes, les événements bruyants qui affectent significativement la performance d'un protocole de tolérances aux fautes sont rarement observés, ce qui engendre une grande erreur statistique dans les estimations numériques. Pour pallier partiellement à ce problème, nous présentons des méthodes d'échantillonnages préférentielles. Toutefois, la recherche de meilleures méthodes demeure ouverte. Finalement, la mauvaise qualité des précisions des métriques et la difficulté des simulations numériques nous amènent à conclure que la portée des méthodes actuelles d'optimisation des protocoles de tolérances aux fautes est très limitée. Nous supposons qu'une caractérisation expérimentale d'un tel protocole sur un ordinateur quantique de taille modeste permettrait de surmonter ces difficultés. Cela pourrait paver le chemin à la réalisation d'un ordinateur quantique tolérant les fautes.

•Jan 1, 2018•0 citations

Qubit de chats et correction d’erreurs quantiques

Lucas St-Jean

La correction d'erreurs quantiques et les protocoles tolérants aux fautes ont été développés pour protéger l'information quantique d'inévitables erreurs affectant les bits quantiques, les qubits. Ces aspects de l'informatique quantique sont toutefois très coûteux en termes de ressources physiques ce qui représente un grand défi pour la réalisation expérimentale. Plusieurs études ont montré que les qubits présentant un modèle d'erreurs ayant une certaine structure dite asymétrique permettent l'optimisation de la correction d'erreurs et de protocoles tolérants aux fautes. Cette optimisation mène à l'amélioration de la performance de la correction d'erreurs et une diminution des ressources nécessaires aux algorithmes tolérants aux fautes. Dans ce mémoire, nous étudions le qubit de chats composé d'états chats stabilisés dans un résonateur supraconducteur micro-ondes dans l'architecture de l'électrodynamique quantique en circuit. Nous montrons que le modèle d'erreurs du qubit de chats, donné par la perte de photons, possède la propriété d'asymétrie. La performance de la correction d'erreurs est évaluée avec ce modèle d'erreurs et nous montrons qu'il est avantageux en principe d'utiliser le qubit de chats. Finalement, nous développons une opération quantique importante avec le qubit de chats. Cette opération permet l'intrication entre deux qubits et elle possède la propriété cruciale de préserver le bruit asymétrique, un aspect souvent impossible pour cette opération avec un qubit typique. L'utilisation de cette opération procure des avantages majeurs aux protocoles tolérants aux fautes permettant une protection efficace contre le bruit asymétrique.

•Jan 1, 2019•0 citations

Non-damaging readout scheme for cat-qubit based quantum processors

Adrien Bocquet

L'informatique quantique est actuellement limitée par les erreurs dans les bits quantiques (qubits). La première raison vient des taux d'erreur : les qubits présentent typiquement des taux d'erreur de l'ordre de 103 par seconde, contre environ 10-14 par seconde dans les systèmes classiques. Une seconde limitation essentielle est que contrairement aux bits classiques qui ne subissent que des bit-flips — des transitions entre 0 et 1 — les qubits sont également sensibles aux phase-flips.La correction d'erreurs quantiques constitue une approche prometteuse pour atténuer ces erreurs en encodant des qubits logiques, utilisés pour le calcul, dans un ensemble de qubits physiques. Cependant, la mise en oeuvre de la correction d'erreur nécessite à ce jour un nombre de qubits physiques trop important pour implémenter des algorithmes quantiques utiles.Les qubits de chat présentent un modèle d'erreur particulier : leur taux de bit-flip est nettement inférieur à leur taux de phase-flip. Dans le cas extrême où la probabilité de bit-flip reste négligeable pendant toute la durée du calcul, la correction d'erreur peut être entièrement dédiée à corriger les phase-flips. Des analyses théoriques suggèrent une réduction du nombre de qubits d'un facteur 10 à 100. Cet avantage dépend cependant d'une condition très forte : toutes les opérations quantiques doivent préserver le biais du bruit.Cette thèse est consacrée à la validation expérimentale de cette hypothèse centrale. Elle démontre à la fois la tomographie quantique et le contrôle quantique d'un qubit de chat caractérisé par un temps de bit-flip macroscopiquement long (>1 s). Elle prépare également les premières étapes de la réalisation d'une porte CNOT à deux qubits préservant le biais qui représente le prochain jalon dans le développement de schémas de correction d'erreur basés sur les qubits de chat.

•Sep 23, 2025•0 citations

Non-damaging readout scheme for cat-qubit based quantum processors

Adrien Bocquet

Schéma de lecture non préjudiciable pour les processeurs quantiques basés sur le qubit de chat L'informatique quantique est actuellement limitée par les erreurs dans les bits quantiques (qubits). La première raison vient des taux d'erreur : les qubits présentent typiquement des taux d'erreur de l'ordre de 103 par seconde, contre environ 10-14 par seconde dans les systèmes classiques. Une seconde limitation essentielle est que contrairement aux bits classiques qui ne subissent que des bit-flips — des transitions entre 0 et 1 — les qubits sont également sensibles aux phase-flips.La correction d'erreurs quantiques constitue une approche prometteuse pour atténuer ces erreurs en encodant des qubits logiques, utilisés pour le calcul, dans un ensemble de qubits physiques. Cependant, la mise en oeuvre de la correction d'erreur nécessite à ce jour un nombre de qubits physiques trop important pour implémenter des algorithmes quantiques utiles.Les qubits de chat présentent un modèle d'erreur particulier : leur taux de bit-flip est nettement inférieur à leur taux de phase-flip. Dans le cas extrême où la probabilité de bit-flip reste négligeable pendant toute la durée du calcul, la correction d'erreur peut être entièrement dédiée à corriger les phase-flips. Des analyses théoriques suggèrent une réduction du nombre de qubits d'un facteur 10 à 100. Cet avantage dépend cependant d'une condition très forte : toutes les opérations quantiques doivent préserver le biais du bruit.Cette thèse est consacrée à la validation expérimentale de cette hypothèse centrale. Elle démontre à la fois la tomographie quantique et le contrôle quantique d'un qubit de chat caractérisé par un temps de bit-flip macroscopiquement long (>1 s). Elle prépare également les premières étapes de la réalisation d'une porte CNOT à deux qubits préservant le biais qui représente le prochain jalon dans le développement de schémas de correction d'erreur basés sur les qubits de chat.

•Sep 23, 2025•0 citations

Constant time decoding of quantum expander codes and application to fault-tolerant quantum computation

Antoine Grospellier

Décodage des codes expanseurs quantiques et application au calcul quantique tolérant aux fautes Le calcul quantique tolérant aux fautes est un ensemble de techniques dont le but est d'effectuer des calculs quantiques de manière fiable en utilisant des composants bruités. Dans ce contexte, l'utilisation de codes correcteurs quantiques maintient le nombre d'erreurs présentes dans le système en dessous d'un seuil tolérable. L'un des principaux problèmes de ce domaine est d'évaluer le coût minimum (en mémoire et en temps) nécessaire pour transformer un calcul quantique idéal en un calcul tolérant aux fautes. Dans cette thèse, nous montrons que la famille des codes expanseurs quantiques associée à l'algorithme de décodage small-set-flip peut être utilisée dans la construction de ref. [arXiv:1310.2984] pour réaliser du calcul quantique tolérant aux fautes avec coût constant en mémoire. La famille de codes correcteurs ainsi que le décodeur que nous étudions ont été introduits dans ref. [arXiv:1504.00822] où un modèle de bruit adverse est considéré. En nous appuyant sur les résultats de cet article, nous analysons le comportement des codes expanseurs quantiques face à un modèle de bruit stochastique qui est pertinent dans le cadre du calcul tolérant aux fautes [arXiv:1711.08351], [arXiv:1808.03821]. De plus, nous montrons que l'algorithme de décodage peut être parallélisé pour fonctionner en temps constant. Cette propriété est essentielle pour éviter que les erreurs ne s'accumulent pendant que l'algorithme est exécuté. Au-delà des résultats théoriques décrits ci-dessus, nous avons effectué une analyse numérique des codes expanseurs quantiques dans le but d'évaluer leurs performances en pratique [arXiv:1810.03681]. Le modèle de bruit choisi pour ces simulations consiste à générer des erreurs de types X et Z de manière indépendante et identiquement distribuée sur les qubits. Les résultats obtenus pour ces codes de rendement constant sont prometteurs puisque nos simulations montrent que leur seuil est décent et que leurs performances à taille finie sont bonnes.

•Nov 8, 2019•1 citation
Thermodynamique de la correction d'erreur quantique : La production d'entropie d'une mémoire quantique bit-flip tolérante aux pannes et sans mesures Le but de la correction d’erreurs quantiques (QEC) est de contrebalancer la décohérence des qubits, qui provient de leur interaction inévitable avec l’environnement. Dans ce travail, nous étudions la borne inférieure de la production d’entropie dans la correction d’erreurs quantiques, en posant la question centrale : est-il possible de lutter contre la décohérence de manière réversible ?Un travail antérieur a établi que la correction d’erreurs quantiques idéale peut, en principe, être réalisée de façon réversible. Dans ce travail, cependant, nous considérons la correction d’erreurs quantiques tolérante aux fautes, qui prend explicitement en compte les erreurs survenant pendant le processus de correction lui-même. Nous montrons que lorsque du bruit affecte le circuit durant les opérations correctrices, la correction d’erreurs quantiques ne peut plus être réversible, en raison des corrélations inutilisées qui doivent être dissipées à chaque cycle de correction.Ce résultat peut être mieux compris en établissant une analogie avec le démon de Maxwell. En correction d’erreurs quantiques, l’objectif est de retirer de l’entropie aux qubits de données. Des qubits auxiliaires sont utilisés pour enregistrer la survenue d’erreurs (diagnostic du syndrome), et cette information est ensuite employée pour les corriger (opération de récupération). À la fin de chaque cycle, les qubits auxiliaires sont réinitialisés afin de commencer un nouveau cycle. Cela est étroitement analogue au démon de Maxwell, qui utilise une mémoire pour stocker de l’information sur un système, exploite cette information pour réduire l’entropie du système, puis réinitialise sa mémoire, dissipant de la chaleur dans l’environnement conformément au principe de Landauer.Dans cette analogie, la mémoire du démon correspond aux qubits auxiliaires, tandis que le système correspond aux qubits de données. Lors du diagnostic du syndrome, des informations sur les erreurs sont enregistrées dans les qubits auxiliaires, créant des corrélations entre les qubits de données et les qubits auxiliaires. Lors de l’opération de récupération, ces corrélations sont utilisées pour corriger les erreurs sur les qubits de données et ainsi réduire leur entropie. À la fin du cycle, les qubits auxiliaires sont réinitialisés dans l’état |0⟩, ce qui génère un flux de chaleur vers l’environnement, comme le dicte le principe de Landauer.Dans le cas d’une correction d’erreurs quantiques idéale, ce processus peut, en principe, être réalisé de manière réversible, atteignant ainsi l’égalité dans la borne de Landauer.Cependant, lorsque des erreurs surviennent sur les qubits auxiliaires durant le processus de QEC (dans le langage du démon de Maxwell, lorsque des fautes affectent la mémoire du démon avant l’étape de rétroaction), ces erreurs se propagent aux qubits de données, créant des corrélations indésirables entre données et auxiliaires. De telles corrélations génèrent un flux de chaleur supplémentaire et fini vers le bain thermique, ce qui empêche d’atteindre l’égalité dans le principe de Landauer.
Correction d’erreurs quantiques avec des qubits de chats Au cours des deux dernières décennies, les circuits supraconducteurs se sont imposés comme une plateforme prometteuse pour la construction d’un ordinateur quantique. Cependant, ils demeurent limités par leur temps de cohérence qui reste insuffisant pour démontrer un avantage quantique pratique. La correction d'erreur quantique offre une approche pour contrer la décohérence, le principe fondamental étant d'introduire de la redondance afin de définir un qubit dit logique. Ainsi, si un qubit physique isolé subit une erreur, celle-ci peut être détectée et corrigée sans affecter l'information contenue dans le qubit logique. L'une des approches les plus intuitives, se rapprochant le plus de la correction d'erreur classique, consiste à utiliser une multitude de qubits physiques pour réaliser la redondance recherchée.Cette thèse explore une approche alternative, basée sur l'encodage de l'information quantique dans des cavités supraconductrices, la redondance étant alors simplement fournie par la dimension infinie de l'espace de Hilbert. Nous utilisons des qubits de chat pour lesquels les états logiques 0 et 1 sont des états cohérents d'un oscillateur harmonique. Ces états sont stabilisés en utilisant la dissipation à notre avantage, de sorte que les échanges de photons entre le mode harmonique et son environnement se fassent principalement par paires. Ainsi, les erreurs de type « bit-flip » sont supprimées exponentiellement avec le nombre de photons contenus dans le mode, au prix d'une augmentation linéaire des erreurs de type « phase-flip ». Ces erreurs pourraient alors être corrigées par une couche supplémentaire de correction, tel qu'un code de répétition de qubits de chats. Le coeur de ce travail de thèse consiste à introduire un circuit supraconducteur autoparamétrique qui couple de manière non-linéaire un mode contenant le qubit de chat à un mode dissipatif dont la fréquence est réglée au double de celle du mode du chat. Contrairement à de précédentes réalisations, ce couplage passif ne nécessite pas de pompe paramétrique et atteint un fort taux de dissipation d'environ 2 MHz. Les erreurs de bit-flip sont alors évitées pendant une période caractéristique pouvant aller jusqu'à 0.3 s, avec un impact modéré sur les erreurs de phase-flip. De plus, nous démontrons un contrôle universel de ce qubit en utilisant la dissipation à 2 photons pour réaliser des portes logiques X, Y et Z d'un angle arbitraire.
Contrôler des systèmes quantiques avec une précision arbitraire semble être un défi insurmontable en raison de l'influence de l'environnement se manifestant sous forme d'erreurs dans les algorithmes quantiques. Cependant, il existe des protocoles de tolérance aux fautes qui résolvent ce problème en stockant l'information quantique de manière redondante dans un état à plusieurs qubits. Il est crucial d'optimiser ces protocoles, en les adaptant aux processus de génération du bruit, dans le but de minimiser l'ajout d'espace et de temps aux calculs quantiques. Les méthodes actuelles se basent sur un cycle d'optimisation comprenant la caractérisation du matériel, la modélisation du bruit et des simulations numériques. Pour la majorité des études sur la tolérance aux fautes, le bruit est modélisé comme l'application stochastique de matrices de Pauli. Cette approche, communément appelé le modèle d'erreurs de Pauli est l'exemple typique de décohérence induite par l'environnement. Les probabilités associées à chacune des matrices de Pauli définissent le taux d'erreurs. Même si ce modèle d'erreurs est utilisé pour réaliser des preuves analytiques et effectuer des simulations classiques, le niveau de précision de ce dernier dépend de la nature quantique de la source d'erreurs. Toutefois, un dispositif quantique réaliste est affecté par un processus bruyant qui n'est pas très bien approximé par le modèle d'erreurs de Pauli. Un exemple extrême étant les erreurs cohérentes causées par rotation excessive d'un qubit. De plus, un modèle général de bruit quantique illustre beaucoup plus de caractéristiques que le modèle simplifié de Pauli. La notion de taux d'erreurs est alors moins bien définie dans ces cas. Ainsi, nous avons besoin d'une mesure appropriée pour quantifier l'effet du bruit qui s'intègre bien aux preuves de tolérance aux fautes. Pour ce faire, il existe plusieurs options dont la fidélité et la norme diamant. Les simulations numériques ont été centrales au développement des protocoles de tolérance aux fautes. Généralement, des simulations impliquant des modèles de bruits spécifiques sont utilisées pour évaluer l'efficacité de ces méthodes. Dans le cas du modèle simplifié d'erreurs de Pauli, la source du bruit est simulée par un algorithme classique appliquant une matrice de Pauli tirée selon une distribution prédéterminée. Cependant, il n'est généralement pas nécessaire d'assumer que le bruit est généré de façon stochastique. Par exemple, il est possible de décrire le bruit comme une évolution temporelle du système. Malgré cela, il existe des techniques pour mesurer numériquement la performance d'un protocole de tolérance aux fautes. Dans la présente thèse, nous faisons une étude critique des méthodes actuelles d'optimisation des protocoles de tolérances aux fautes et nous appuyons nos analyses sur des observations provenant de simulations numériques. D'abord, nous montrons que les protocoles de tolérance aux fautes sont sensibles à certains détails du modèle bruits qui ne sont pas bien décrits pas les métriques standards. Alors que la valeur d'une métrique peut être la même pour deux processus bruyants, nous observons que la performance d'un protocole de tolérance aux fautes peut différer grandement pour ces deux processus. Ainsi, nous avons défini de nouvelles métriques ne reposant pas sur les méthodes standards. Ces métriques s'appuient plutôt sur des méthodes d'apprentissage automatique qui considèrent les propriétés importantes des processus bruyants et qui permettent de prédire avec plus de précision la performance d'un protocole de tolérance aux fautes. Par la suite, nous argumentons que la présence d'événements rares détériore la précision des simulations numériques. En d'autres termes, les événements bruyants qui affectent significativement la performance d'un protocole de tolérances aux fautes sont rarement observés, ce qui engendre une grande erreur statistique dans les estimations numériques. Pour pallier partiellement à ce problème, nous présentons des méthodes d'échantillonnages préférentielles. Toutefois, la recherche de meilleures méthodes demeure ouverte. Finalement, la mauvaise qualité des précisions des métriques et la difficulté des simulations numériques nous amènent à conclure que la portée des méthodes actuelles d'optimisation des protocoles de tolérances aux fautes est très limitée. Nous supposons qu'une caractérisation expérimentale d'un tel protocole sur un ordinateur quantique de taille modeste permettrait de surmonter ces difficultés. Cela pourrait paver le chemin à la réalisation d'un ordinateur quantique tolérant les fautes.
La correction d'erreurs quantiques et les protocoles tolérants aux fautes ont été développés pour protéger l'information quantique d'inévitables erreurs affectant les bits quantiques, les qubits. Ces aspects de l'informatique quantique sont toutefois très coûteux en termes de ressources physiques ce qui représente un grand défi pour la réalisation expérimentale. Plusieurs études ont montré que les qubits présentant un modèle d'erreurs ayant une certaine structure dite asymétrique permettent l'optimisation de la correction d'erreurs et de protocoles tolérants aux fautes. Cette optimisation mène à l'amélioration de la performance de la correction d'erreurs et une diminution des ressources nécessaires aux algorithmes tolérants aux fautes. Dans ce mémoire, nous étudions le qubit de chats composé d'états chats stabilisés dans un résonateur supraconducteur micro-ondes dans l'architecture de l'électrodynamique quantique en circuit. Nous montrons que le modèle d'erreurs du qubit de chats, donné par la perte de photons, possède la propriété d'asymétrie. La performance de la correction d'erreurs est évaluée avec ce modèle d'erreurs et nous montrons qu'il est avantageux en principe d'utiliser le qubit de chats. Finalement, nous développons une opération quantique importante avec le qubit de chats. Cette opération permet l'intrication entre deux qubits et elle possède la propriété cruciale de préserver le bruit asymétrique, un aspect souvent impossible pour cette opération avec un qubit typique. L'utilisation de cette opération procure des avantages majeurs aux protocoles tolérants aux fautes permettant une protection efficace contre le bruit asymétrique.
L'informatique quantique est actuellement limitée par les erreurs dans les bits quantiques (qubits). La première raison vient des taux d'erreur : les qubits présentent typiquement des taux d'erreur de l'ordre de 103 par seconde, contre environ 10-14 par seconde dans les systèmes classiques. Une seconde limitation essentielle est que contrairement aux bits classiques qui ne subissent que des bit-flips — des transitions entre 0 et 1 — les qubits sont également sensibles aux phase-flips.La correction d'erreurs quantiques constitue une approche prometteuse pour atténuer ces erreurs en encodant des qubits logiques, utilisés pour le calcul, dans un ensemble de qubits physiques. Cependant, la mise en oeuvre de la correction d'erreur nécessite à ce jour un nombre de qubits physiques trop important pour implémenter des algorithmes quantiques utiles.Les qubits de chat présentent un modèle d'erreur particulier : leur taux de bit-flip est nettement inférieur à leur taux de phase-flip. Dans le cas extrême où la probabilité de bit-flip reste négligeable pendant toute la durée du calcul, la correction d'erreur peut être entièrement dédiée à corriger les phase-flips. Des analyses théoriques suggèrent une réduction du nombre de qubits d'un facteur 10 à 100. Cet avantage dépend cependant d'une condition très forte : toutes les opérations quantiques doivent préserver le biais du bruit.Cette thèse est consacrée à la validation expérimentale de cette hypothèse centrale. Elle démontre à la fois la tomographie quantique et le contrôle quantique d'un qubit de chat caractérisé par un temps de bit-flip macroscopiquement long (>1 s). Elle prépare également les premières étapes de la réalisation d'une porte CNOT à deux qubits préservant le biais qui représente le prochain jalon dans le développement de schémas de correction d'erreur basés sur les qubits de chat.
Schéma de lecture non préjudiciable pour les processeurs quantiques basés sur le qubit de chat L'informatique quantique est actuellement limitée par les erreurs dans les bits quantiques (qubits). La première raison vient des taux d'erreur : les qubits présentent typiquement des taux d'erreur de l'ordre de 103 par seconde, contre environ 10-14 par seconde dans les systèmes classiques. Une seconde limitation essentielle est que contrairement aux bits classiques qui ne subissent que des bit-flips — des transitions entre 0 et 1 — les qubits sont également sensibles aux phase-flips.La correction d'erreurs quantiques constitue une approche prometteuse pour atténuer ces erreurs en encodant des qubits logiques, utilisés pour le calcul, dans un ensemble de qubits physiques. Cependant, la mise en oeuvre de la correction d'erreur nécessite à ce jour un nombre de qubits physiques trop important pour implémenter des algorithmes quantiques utiles.Les qubits de chat présentent un modèle d'erreur particulier : leur taux de bit-flip est nettement inférieur à leur taux de phase-flip. Dans le cas extrême où la probabilité de bit-flip reste négligeable pendant toute la durée du calcul, la correction d'erreur peut être entièrement dédiée à corriger les phase-flips. Des analyses théoriques suggèrent une réduction du nombre de qubits d'un facteur 10 à 100. Cet avantage dépend cependant d'une condition très forte : toutes les opérations quantiques doivent préserver le biais du bruit.Cette thèse est consacrée à la validation expérimentale de cette hypothèse centrale. Elle démontre à la fois la tomographie quantique et le contrôle quantique d'un qubit de chat caractérisé par un temps de bit-flip macroscopiquement long (>1 s). Elle prépare également les premières étapes de la réalisation d'une porte CNOT à deux qubits préservant le biais qui représente le prochain jalon dans le développement de schémas de correction d'erreur basés sur les qubits de chat.
Décodage des codes expanseurs quantiques et application au calcul quantique tolérant aux fautes Le calcul quantique tolérant aux fautes est un ensemble de techniques dont le but est d'effectuer des calculs quantiques de manière fiable en utilisant des composants bruités. Dans ce contexte, l'utilisation de codes correcteurs quantiques maintient le nombre d'erreurs présentes dans le système en dessous d'un seuil tolérable. L'un des principaux problèmes de ce domaine est d'évaluer le coût minimum (en mémoire et en temps) nécessaire pour transformer un calcul quantique idéal en un calcul tolérant aux fautes. Dans cette thèse, nous montrons que la famille des codes expanseurs quantiques associée à l'algorithme de décodage small-set-flip peut être utilisée dans la construction de ref. [arXiv:1310.2984] pour réaliser du calcul quantique tolérant aux fautes avec coût constant en mémoire. La famille de codes correcteurs ainsi que le décodeur que nous étudions ont été introduits dans ref. [arXiv:1504.00822] où un modèle de bruit adverse est considéré. En nous appuyant sur les résultats de cet article, nous analysons le comportement des codes expanseurs quantiques face à un modèle de bruit stochastique qui est pertinent dans le cadre du calcul tolérant aux fautes [arXiv:1711.08351], [arXiv:1808.03821]. De plus, nous montrons que l'algorithme de décodage peut être parallélisé pour fonctionner en temps constant. Cette propriété est essentielle pour éviter que les erreurs ne s'accumulent pendant que l'algorithme est exécuté. Au-delà des résultats théoriques décrits ci-dessus, nous avons effectué une analyse numérique des codes expanseurs quantiques dans le but d'évaluer leurs performances en pratique [arXiv:1810.03681]. Le modèle de bruit choisi pour ces simulations consiste à générer des erreurs de types X et Z de manière indépendante et identiquement distribuée sur les qubits. Les résultats obtenus pour ces codes de rendement constant sont prometteurs puisque nos simulations montrent que leur seuil est décent et que leurs performances à taille finie sont bonnes.