La transformation des infrastructures télécoms conduit les opérateurs à gérer des réseaux toujours plus dynamiques, distribués et complexes à optimiser. Dans ce contexte, le calcul quantique suscite un intérêt croissant pour traiter certains problèmes combinatoires liés à la résilience, au routage ou à l’orchestration des réseaux. Orange a lancé, en 2025, une initiative de recherche visant à évaluer le potentiel réel des technologies quantiques pour les opérations réseaux. Les travaux portent à la fois sur des cas d’usage opérationnels – optimisation, résilience, jumeaux numériques – et sur des recherches plus fondamentales autour des algorithmes hybrides quantique-classique appliqués aux réseaux complexes. Cet article présente les principaux axes de recherche explorés ainsi que les perspectives industrielles associées.
La transformation des infrastructures télécoms conduit les opérateurs à gérer des réseaux toujours plus dynamiques, distribués et complexes à optimiser. Dans ce contexte, le calcul quantique suscite un intérêt croissant pour traiter certains problèmes combinatoires liés à la résilience, au routage ou à l’orchestration des réseaux. Orange a lancé, en 2025, une initiative de recherche visant à évaluer le potentiel réel des technologies quantiques pour les opérations réseaux. Les travaux portent à la fois sur des cas d’usage opérationnels – optimisation, résilience, jumeaux numériques – et sur des recherches plus fondamentales autour des algorithmes hybrides quantique-classique appliqués aux réseaux complexes. Cet article présente les principaux axes de recherche explorés ainsi que les perspectives industrielles associées.
L’essor des technologies quantiques ouvre de nouvelles perspectives pour les télécommunications, mais fait aussi émerger un risque majeur pour la sécurité numérique : la possibilité, à terme, de fragiliser certains mécanismes cryptographiques aujourd’hui largement utilisés. Pour un opérateur comme Orange, cette menace impose une préparation structurée. Dans l’article, nous montrons comment Orange anticipe ce basculement à travers deux axes complémentaires : la migration vers la cryptographie post-quantique, socle de la transition quantum-safe ; et la mise en œuvre de communications quantiques, notamment la QKD, pour renforcer certains liens critiques. Nous présentons les travaux de recherche, les expérimentations européennes et nationales, ainsi que les premières offres destinées à accompagner les clients vers des réseaux plus sûrs et plus résilients.
Informatique quantique pour la recherche opérationnelle : une approche spéciale pour ordonnancement de projet Le calcul quantique, avec son potentiel profond, a suscité une attention significative ; cependant, son intégration dans la Recherche Opérationnelle (RO) reste naissante. Cette dissertation tente de combler cette lacune en introduisant des algorithmes innovants ancrés dans les principes du calcul quantique pour s'attaquer aux problèmes d'optimisation discrets. La première partie se concentre sur les fondamentaux du calcul quantique et analyse l'algorithme de Grover. Peut-être l'algorithme quantique le plus important, qui est renommé pour son accélération quadratique dans les recherches non structurées. En tirant parti de l'algorithme de Grover, l'étude présente une procédure qui résout efficacement le problème du sac à dos binaire, surmontant des défis souvent négligés dans la littérature sur le calcul quantique.Dans la seconde partie, la thèse affine la performance des algorithmes développés dans le premier chapitre, introduisant deux procédures novatrices : un algorithme hybride de branchement et de bornage et un algorithme d'ascension aléatoire. Ces procédures se révèlent capables d'égaler la performance des algorithmes classiques leaders sur 66000 instances du problème du sac à dos binaire. Notablement, elles étendent leur applicabilité aux problèmes d'optimisation discrets manquant de structures claires, démontrant le potentiel des approches inspirées par le quantique.Dans la troisième partie, l'exploration s'étend à l'examen des limites des algorithmes quantiques existants dans la résolution des problèmes d'optimisation discrets. L'étude évalue de manière critique les algorithmes de comptage quantique, ainsi que les variantes de l'algorithme de Grover telles que la recherche quantique imbriquée, les marches quantiques, et l'algorithme d'amplification d'amplitude, révélant des instances où les contreparties classiques peuvent dominer.Dans la quatrième partie de cette dissertation, nous explorons une avenue prometteuse du calcul quantique pour résoudre des problèmes complexes d'optimisation combinatoire, appelée recuit quantique, et nous l'utilisons spécifiquement pour résoudre le Problème d'Ordonnancement de Projets avec Contraintes de Ressources (RCPSP). Formulant le RCPSP à la fois comme un problème d'Optimisation Binaire Quadratique non contrainte (QUBO) et un modèle Hamiltonien d'Ising, l'étude emploie l'annealeur quantique D-Wave Advantage 6.3 disponible commercialement, appliqué aux instances RCPSP du générateur aléatoire RANGEN1. Les évaluations comparatives contre les solveurs classiques et les algorithmes métaheuristiques affirment le potentiel du recuit quantique, particulièrement pour les instances RCPSP de taille petite à moyenne. Le paysage diversifié de solutions qu'il offre fait du recuit quantique un candidat convaincant pour des algorithmes d'optimisation hybrides, promettant d'améliorer la qualité des solutions.Cette thèse exhaustive contribue à la compréhension théorique et aux applications pratiques du calcul quantique en Recherche Opérationnelle, démontrant son potentiel à révolutionner les méthodologies de résolution de problèmes.Le chapitre cinq de cette thèse explore une nouvelle bibliothèque open-source Python dédiée à l'ordonnancement de projets appelée cheche-pm, qui incorpore et rend disponibles des méthodes d'ordonnancement issues de la littérature pour résoudre le RCPSP et ses variantes. Cette bibliothèque se concentre sur l'apport d'une collection complète de méthodes d'ordonnancement à la fois aux praticiens et aux chercheurs. L'utilisation de cette bibliothèque a été cruciale pour le développement du quatrième chapitre de cette thèse.Enfin, le chapitre six explore l'utilisation d'une implémentation hybride quantique et classique du recuit quantique pour résoudre un cas spécial du problème semi-affectation quadratique QSAP, dans le contexte
Le calcul quantique est nouveau paradigme qui sera peut-être en capacité de résoudre certains problèmes intéressants et très spécifiques plus vite qu'un ordinateur classique. Mais pour atteindre le régime dans lequel les ordinateurs quantiques seront plus efficaces que leurs équivalents classiques, plusieurs étapes cruciales doivent être atteintes. Les taux d'erreur des puces quantiques actuelles doivent être drastiquement améliorés, tout comme leur nombre de qubits, les algorithmes doivent évoluer pour prendre en compte le taux d'erreur élevé des puces, les compilateurs et implémentations doivent être adaptés à la puce quantique qui sera utilisée pour l'exécution et les façons d'analyser des états ou programmes quantiques nécessitent des améliorations.Dans cette thèse, nous nous concentrons sur certaines de ces étapes et améliorons l'état de l'art en essayant de se rapprocher le plus possible du régime où les ordinateurs quantiques auront un avantage sur les ordinateurs classiques. Nous commençons par montrer comment nous avons implémenté un algorithme quantique non trivial et analysé son comportement ainsi que les ressources nécessaires à son exécution.Cette analyse a confirmé que les puces quantiques actuelles étaient incapables d'exécuter ce genre d'implémentation, même après avoir pris en compte les subtilités dues au matériel et optimisé grandement le programme. Cet effort d'optimisation a donné lieu à l'implémentation de l'outil qprof, un profileur de programme quantique capable d'analyser des implémentations et de générer un rapport textuel et lisible résumant la hiérarchie des appels et leur coût approximatif.Nous présentons aussi un algorithme classique pour résoudre le problème du routage de qubit, une des étapes les plus coûteuse en terme de porte quantique additionnelle dans les compilateurs de programme quantiques. Cet algorithme permet de prendre en compte les calibrations les plus récentes de la puce quantique visée afin d'adapter le programme quantique compilé aux différents taux d'erreurs de la puce. Nous décrivons comment l'algorithme fonctionne et montrons qu'il apporte une amélioration substantielle de la fidélité de l'état quantique créé par le programme compilé par rapport à l'état de l'art.Nous avons aussi implémenté un algorithme variationnel permettant de résoudre des systèmes linéaires et analysé son comportement sur des puces quantiques actuelles ainsi que les besoins en ressources quantiques afin d'exécuter cet algorithme avec différents systèmes linéaires. Finalement, nous avons effectué une étude sur les erreurs présentes sur des qubits isolés et introduit une nouvelle visualisation permettant de mettre en avant des erreurs systématiques et non mitigées par les calibrations automatiques réalisées à intervalles réguliers sur les puces quantiques.
Le domaine du management de l'énergie implique de nombreux problèmes d'optimisation combinatoire connus pour être difficiles. L'émergence des ordinateurs quantiques suggère de nouvelles approches pour ces problèmes. Pour les machines du futur proche, les heuristiques quantiques variationnelles telles que QAOA, qui peuvent tirer parti de la puissance de calcul des ordinateurs quantiques imparfaits, sont particulièrement prometteuses. Nous explorons le potentiel des algorithmes quantiques variationnels pour des problèmes d'optimisation issus du domaine de "smart charging" des véhicules électriques. Nous considérons deux problèmes inspirés de cas d'utilisation réels. Dans le premier problème, modélisé par Max-K-Cut, nous cherchons à planifier un ensemble de charges avec priorités sur plusieurs stations tout en minimisant le temps de completion pondéré. Dans le deuxième problème, modélisé par Maximum Independent Set, nous cherchons à maximiser le nombre de demandes de charge satisfaites sur une seule station tout en respectant les conflits entre les demandes. Pour les deux problèmes, nous développons un protocole expérimental spécifiant l'encodage et la routine d'optimisation des paramètres. Nos expériences numériques confirment l'intérêt des heuristiques quantiques pour ces problèmes ainsi que la qualité de notre protocole expérimental. Afin d'étendre l'applicabilité des heuristiques quantiques au-delà de QUBO, nous introduisons une nouvelle approche hybride qui intègre des routines quantiques dans l'algorithme classique de Branch & Price pour les programmes linéaires en nombres entiers. Nous testons cette approche sur un problème de smart charging qui se modélise comme problème de coloration de graphe. Nos résultats numériques affirment le potentiel de l'approche hybride tout en révélant la dépendance considérable du gain de performance sur l'instance particulière du problème. Les parties importants des algorithmes variationnels peuvent être représentés sous forme de diagrammes ZX. Nous démontrons comment les règles de réécriture du ZX-calculus peuvent être utilisées pour dériver la formule analytique de l'énergie moyenne d'un modèle d'Ising dans un état QAOA with depth 1. De plus, nous contribuons à l'exploration théorique des algorithmes variationnels en étendant le ZX-calcul avec addition et différenciation de ZX-diagrammes. Notre procédure inductive pour l'addition est entièrement graphique. Pour la différenciation, nous suggérons deux approches. La première approche est inductive, elle s'appuie sur notre procédure d'addition pour représenter explicitement les règles du produit. La deuxième approche est résumée dans deux formules qui sont dérivées de la forme factorisée des diagrammes paramétrés.
La recherche en informatique quantique a pris de l’ampleur dans les deux dernières décennies, notamment grâce aux financements massifs des gouvernements et de l’industrie dans les technologies quantiques. L’ordinateur quantique promet de résoudre des problèmes qui jusqu’à présent restaient insurmontables à cause du temps déraisonnable qu’il faudrait pour les résoudre sur les ordinateurs classiques les plus puissants. L’idée de l’ordinateur quantique consiste à utiliser des propriétés quantiques de la matière, telles que l’intrication et la superposition quantique des états, pour effectuer des calculs d’une nouvelle manière. L’informatique quantique requiert un nouveau type d’ordinateur où les bits d’information classique, généralement représentés par la présence ou non de courant à l’entrée d’un transistor, sont remplacés par des bits quantiques aussi appelés qubits, et qui sont représentés par l’état d’un système quantique. De plus, il est nécessaire de développer de nouveaux algorithmes capables d’être implémentés sur un ordinateur quantique et capables de tirer parti de l’avantage quantique. Cette thèse porte sur ces deux composantes complémentaires : la construction de portes logiques, un bloc fondamental de tout ordinateur, et la création de meilleurs algorithmes pour résoudre des problèmes pertinents sur ces machines. Parmi les plateformes les plus avancées pour l’ordinateur quantique, on trouve les circuits supraconducteurs, qui sont la plateforme sur laquelle ont misé Google, IBM, Alice&Bob, Nord Quantique et bien d’autres compagnies. Malgré les avancées des dernières décennies, de nombreux défis restent à être relevés pour que les machines existantes soient en mesure de résoudre des problèmes pertinents et surpassent les ordinateurs classiques. L’un des défis auquel cette thèse s’attaque est la réalisation de portes logiques à deux qubits rapides et à haute fidélité. La rapidité est cruciale pour pouvoir réaliser le plus d’opérations possible avant que les qubits ne perdent leur cohérence quantique, et une haute fidélité est requise pour minimiser les erreurs de calcul et permettre d’implémenter de la correction d’erreurs quantiques. De plus, certains qubits supraconducteurs sont connus pour être affectés par une interaction indésirable, l’interaction ZZ qui, même si relativement faible, affecte la fidélité des portes logiques quantiques, empêchant d’atteindre des fidélités supérieures à 99.9% nécessaires à la correction d’erreurs. En parallèle avec l’amélioration des composantes de l’ordinateur quantique, il est important de développer des applications pour ce nouveau type de machine. Parmi les approches étudiées, les algorithmes quantiques variationnels (VQA) sont ceux qui sont les plus susceptibles d’être déployés sur les ordinateurs quantiques de petites tailles existants. Ce sont des algorithmes hybrides qui nécessitent à la fois de la puissance de calcul classique et quantique. Ces algorithmes semblent prometteurs pour résoudre de nombreux problèmes concrets d’intérêt industriel, comme obtenir les propriétés de molécules ou trouver les solutions de problèmes d’optimisation combinatoire. En effet, ces problèmes peuvent être formulés sous forme d’un Hamiltonien et résolus en déterminant son état fondamental. Dans ce but, les VQAs utilisent un circuit quantique paramétré appelé ansatz, dont les paramètres sont optimisés pour s’approcher de l’état fondamental. Un premier défi consiste à trouver un ansatz qui permette, pour un problème donné, de converger le plus efficacement possible vers la solution. Un deuxième défi est de trouver un circuit fait de portes logiques facilement implémentables sur les plateformes physiques actuelles. Les travaux effectués dans cette thèse apportent des contributions à ces deux défis. Dans la première partie de la thèse, nous introduisons le dispositif que nous avons conçu et qui permet de réaliser des portes d’intrication paramétrique entre deux qubits supraconducteurs. Cette approche a permis à nos collaborateurs du groupe d’Andrew Houck de l’Université de Princeton de réaliser expérimentalement une opération de type √iSWAP en 15 ns avec une fidélité de 98.8%, et ce dans un dispositif où l’interaction ZZ est supprimée. Dans la seconde partie de la thèse, nous avons développé un ansatz pour les VQAs permettant de résoudre le modèle de Fermi Hubbard. Ce nouvel ansatz utilise les avantages de deux ansätze préexistants, et permet d’obtenir l’énergie et l’état fondamental du FHM avec une précision de plusieurs ordres de grandeur supérieure aux ansätze standards, et ce en réduisant significativement le nombre de portes d’intrication CNOT qui sont généralement imparfaites et longues à implémenter.
Centenaire, la physique quantique a permis des inventions majeures tels le laser ou le transistor, élément de base de nos ordinateurs et smartphones et, par conséquent, de notre civilisation de l’information et de la télécommunication. Désormais, une seconde révolution est en cours, celle de l’information quantique dont l’unité n’est plus le bit mais le bit quantique - dit qubit. Le monde quantique est un univers particulier, celui des particules atomiques et subatomiques, où règnent les probabilités et les concepts de superposition, de non-clonage et d’intrigante intrication. Les progrès parallèles et continus de la recherche et de la technologie ont permis de valider et d’exploiter ces phénomènes, et de développer notre capacité à manipuler des objets quantiques individuels (atomes, électrons, photons) pour y stocker, traiter et lire des qubits. Ces progrès ont conduit à l’émergence d'une nouvelle génération d’appareils, dont certains, déjà commercialisés, pourraient révolutionner des domaines aussi variés que la métrologie, les télécommunications et l’informatique, tant ils surpasseraient les performances des technologies existantes. En métrologie, l’extrême sensibilité des objets quantiques aux influences externes les rend idéaux pour la réalisation de mesures de grandeurs physiques à haute précision, mais certains dispositifs devront être miniaturisés. Les télécommunications cryptées sont dès aujourd’hui sous la menace d’un futur ordinateur quantique dont la puissance de calcul exponentielle pourrait casser les cryptosystèmes actuellement utilisés, mais l’intrication et l’impossibilité de cloner les qubits apporteraient une solution quantique… à la menace quantique Enfin, en exploitant les superposition et intrication de qubits, les ordinateurs quantiques pourraient effectuer des calculs totalement inaccessibles aux supercalculateurs classiques, ce qui profiterait à de nombreuses industries (chimie, énergie, transport…). Cependant, les qubits actuels sont trop bruités et les erreurs de calculs trop nombreuses. Des protocoles de correction sont proposés mais ils nécessiteront l’intégration d’un grand nombre de qubits de meilleure qualité si bien que les ressources nécessaires pour les mettre en place vont bien au-delà des capacités de la technologie existante. En attendant, des solutions matérielles et algorithmiques, adaptables à la situation actuelle, sont explorées pour démontrer un réel avantage quantique sur un cas d’usage pratique.