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Relations d'incertitude en géométrie et en physique

Georges Bouligand, Louis de Broglie

Published Jan 1, 1934• 0 citations
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Relations d'incertitude de Heisenberg et déterminisme géométrique

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Les incertaines incertitudes de Heisenberg

Jean-Marc Lévy-Leblond

Les « relations d’incertitude de Heisenberg » constituent l’un des aspects de la physique quantique qui a connu depuis près d’un siècle une fortune culturelle des plus considérables. On donnera un échantillon des exégèses abusives auxquelles ce thème a donné lieu, en philosophie certes – de l’épistémologie à la métaphysique –, mais aussi en politique, en économie, en esthétique, etc. On examinera ensuite les raisons d’être des confusions qui entourent encore ce thème et l’on discutera des aléas terminologiques qu’il a connu. On verra enfin comment ces « inégalités de Heisenberg », ainsi rebaptisées plus sobrement, non seulement ne peuvent en rien être interprétées comme mettant une limite aux connaissances scientifiques, mais dûment comprises et dans le strict cadre de la physique, ouvrent au contraire des modes de compréhension spécifiques.

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La Physique : une science exacte où règne l’indétermination

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La Physique est une science naturelle exacte, pourtant l’incertitude y joue un rôle croissant. En dissociant la cause efficiente et la cause finale d’Aristote, Galilée et la physique classique ramènent tout à du calculable, vouant l’incertitude à disparaître en principe. L’irruption de la physique quantique, et de son principe d’indétermination, aboutit à une incertitude radicale dont on a prouvé qu’elle ne provient pas de « variables cachées ». Ceci nous invite, désormais, à distinguer l’Être (en soi) et l’Existence, c’est-à-dire les phénomènes perçus, qui procèdent tous de l’Être sans que l’Être ne leur soit réductible. Cette étrangeté de l’Être, et sa capacité à nous dire « Non », garantissent, paradoxalement, que les lois physiques ne sont pas le seul produit de notre (inter)subjectivité. Ainsi l’attitude sceptique et son symétrique – la domination absolue par le savoir – deviennent déraisonnables. Nous proposons une analogie avec les principes des pratiques psychanalytiques.

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Journal de physique•Jan 1, 1961•1 citation
Les « relations d’incertitude de Heisenberg » constituent l’un des aspects de la physique quantique qui a connu depuis près d’un siècle une fortune culturelle des plus considérables. On donnera un échantillon des exégèses abusives auxquelles ce thème a donné lieu, en philosophie certes – de l’épistémologie à la métaphysique –, mais aussi en politique, en économie, en esthétique, etc. On examinera ensuite les raisons d’être des confusions qui entourent encore ce thème et l’on discutera des aléas terminologiques qu’il a connu. On verra enfin comment ces « inégalités de Heisenberg », ainsi rebaptisées plus sobrement, non seulement ne peuvent en rien être interprétées comme mettant une limite aux connaissances scientifiques, mais dûment comprises et dans le strict cadre de la physique, ouvrent au contraire des modes de compréhension spécifiques.
La Physique est une science naturelle exacte, pourtant l’incertitude y joue un rôle croissant. En dissociant la cause efficiente et la cause finale d’Aristote, Galilée et la physique classique ramènent tout à du calculable, vouant l’incertitude à disparaître en principe. L’irruption de la physique quantique, et de son principe d’indétermination, aboutit à une incertitude radicale dont on a prouvé qu’elle ne provient pas de « variables cachées ». Ceci nous invite, désormais, à distinguer l’Être (en soi) et l’Existence, c’est-à-dire les phénomènes perçus, qui procèdent tous de l’Être sans que l’Être ne leur soit réductible. Cette étrangeté de l’Être, et sa capacité à nous dire « Non », garantissent, paradoxalement, que les lois physiques ne sont pas le seul produit de notre (inter)subjectivité. Ainsi l’attitude sceptique et son symétrique – la domination absolue par le savoir – deviennent déraisonnables. Nous proposons une analogie avec les principes des pratiques psychanalytiques.