La Physique est une science naturelle exacte, pourtant l’incertitude y joue un rôle croissant. En dissociant la cause efficiente et la cause finale d’Aristote, Galilée et la physique classique ramènent tout à du calculable, vouant l’incertitude à disparaître en principe. L’irruption de la physique quantique, et de son principe d’indétermination, aboutit à une incertitude radicale dont on a prouvé qu’elle ne provient pas de « variables cachées ». Ceci nous invite, désormais, à distinguer l’Être (en soi) et l’Existence, c’est-à-dire les phénomènes perçus, qui procèdent tous de l’Être sans que l’Être ne leur soit réductible. Cette étrangeté de l’Être, et sa capacité à nous dire « Non », garantissent, paradoxalement, que les lois physiques ne sont pas le seul produit de notre (inter)subjectivité. Ainsi l’attitude sceptique et son symétrique – la domination absolue par le savoir – deviennent déraisonnables. Nous proposons une analogie avec les principes des pratiques psychanalytiques.
La Physique est une science naturelle exacte, pourtant l’incertitude y joue un rôle croissant. En dissociant la cause efficiente et la cause finale d’Aristote, Galilée et la physique classique ramènent tout à du calculable, vouant l’incertitude à disparaître en principe. L’irruption de la physique quantique, et de son principe d’indétermination, aboutit à une incertitude radicale dont on a prouvé qu’elle ne provient pas de « variables cachées ». Ceci nous invite, désormais, à distinguer l’Être (en soi) et l’Existence, c’est-à-dire les phénomènes perçus, qui procèdent tous de l’Être sans que l’Être ne leur soit réductible. Cette étrangeté de l’Être, et sa capacité à nous dire « Non », garantissent, paradoxalement, que les lois physiques ne sont pas le seul produit de notre (inter)subjectivité. Ainsi l’attitude sceptique et son symétrique – la domination absolue par le savoir – deviennent déraisonnables. Nous proposons une analogie avec les principes des pratiques psychanalytiques.
La question de la causalite a ete centrale dans les discussions qui ont accompagne l'invention des nouvelles theories physiques dans les premieres decennies du XXeme siecle, la Theorie de la relativite et la Mecanique quantique. Celles-ci en effet ont remis en cause soit la forme de la causalite physique telle qu'elle etait concue dans le cadre de la mecanique classique, soit meme la pertinence de la causalite comme telle. Or, l'intelligibilite de la nature semblait jusque-la intrinsequement liee a cette forme causale classique, et a plus forte raison a la causalite en soi. On estimait en effet que la causalite classique avait apporte la clarte dans une matiere reputee etre restee confuse chez les philosophes. Les inflexions radicales introduites par les nouvelles theories physiques conduisent donc a questionner l'intelligibilite scientifique, et dans le meme mouvement la nature et la signification de la causalite telle qu'elle est comprise par la science physique. L'etude de l'œuvre de quelques-uns des fondateurs de ces theories fait ressortir que la causalite est dans cette perspective une relation ideale qui a pour fonction d'assurer l'objectivite du discours scientifique. A ce titre, elle ne saurait etre tenue pour une propriete du reel, mais doit etre comprise comme une categorie hermeneutique. Elle opere dans le cadre d'un discours qui se concoit comme une mise en forme de phenomenes, et qui ne trouve de sens que par et dans la negation d'un ordre en soi de la nature.
La physique quantique a sa part d'étrangeté par rapport à la physique classique. La quantification, l'indéterminisme, la superposition d'états, l'intrication, ne sont pas réputés avoir d'équivalents classiques. Nous apportons ici des éléments modifiant ces affirmations, et permettant d'entrevoir un point de vue unifié sur la physique quantique et la physique classique. Nous nous plaçons pour cela dans un cadre élargi quant à l'appréhension de l'espace et du temps. Les grandes lignes de la physique quantique sont généralement écrites dans un cadre d'espace-temps établi, comme l'est la physique classique. Dans nos travaux, dès le stade de la physique classique, les concepts eux-mêmes d'espace et de temps sont questionnés et construits en opposition l'un à l'autre, selon une analyse prolongeant la théorie de la relativité. Cette construction relève d'une épistémologie relationnelle : les objets de pensée ne sont pas saisis indépendamment les uns des autres et des conditions de leur observation dans l'espace et le temps. Nous devons nous poser la question de l'espace et du temps aussi du côté de la physique quantique. Un angle d'attaque est celui des relations d'indétermination d'Heisenberg, de rôle pivot dans sa construction : selon une épistémologie relationnelle elles révèlent tout autant une indétermination de l'espace et du temps. Des relations de facture semblable peuvent être dérivées du côté classique (nous les nommons relations d'a-certitude), où la transformation de Lorentz est pleinement impliquée. Sur la base des propositions précédentes, l'interprétation de la physique quantique doit être reprise. L'abandon du déterminisme, le hasard fondamental, ne sont pas l'apanage de la théorie quantique, mais propres à toute théorie physique pour laquelle les variables d'espace et de temps sont mal déterminées. La non-localité et la non-temporalité sont les autres noms de cette indétermination. La discrétisation, ou quantification, d'une grandeur peut se comprendre de façon relationnelle comme la faible probabilité, ou le faible étalement spatio-temporel, des valeurs sautées par rapport à l'étendue des valeurs observées. Une meilleure symétrie entre les variables d'espace et celles fondant le temps permet en théorie quantique de mettre ce dernier au même niveau que l'espace (formulation d'un opérateur temps et des relations connexes). Divers caractères des théories classique et quantique sont examinés (relations entre physique quantique et relativité générale ; possible quantification de l'espace et du temps dans un cadre classique). Il ne nous apparaît pas qu'une frontière infranchissable doive séparer ce que l'on dénomme classique et ce que l'on dénomme quantique en physique. Envisager ces théories en associant étroitement leur fonctionnement à la co-construction de l'espace et du temps les met sur le même plan. Le texte offre un cadre préliminaire et qualitatif comme base de futures recherches quantitatives.
Résumé Ce texte propose au lecteur une brève incursion au sein de la physique théorique pour y dessiner, à grands traits, une configuration épistémique qui n’est pas sans similitudes avec la subversion psychanalytique. Il y est montré comment la situation expérimentale de la mécanique quantique a produit un sujet inédit, appartenant à la même région ontologique que son objet. L’auteur s’attardera sur le « retour à Einstein » réalisé par Bohr et Heisenberg en illustrant le déplacement des enjeux épistémiques, associé à ce retour, par les analogies de Bohr entre théorie de la relativité et mécanique quantique. On relèvera ensuite comment Bohr a conçu un procédé d’écriture nouveau pour faire place à l’inédit de l’objet quantique. Pour terminer, l’auteur procèdera à l’étude des démarches d’investigations conceptuelles quantique et psychanalytique dans la production du savoir sur l’objet. Parce qu’on ne peut pas tout dire de l’objet, il faut faire place au non-savoir dans la configuration du savoir lui-même. La complétude du sujet connaissant se voit trouée par le forçage symbolique de l’écriture de Bohr et de Lacan. L’investissement, toujours relancé, du sujet de l’énonciation et du sujet physique à l’égard de leur objet, destitue le savoir de l’exigence réaliste et promeut un désir, distinct du classique leurre imaginaire.
Toute science, admet-on, commence par détacher un objet en le rendant indépendant des sujets et des situations. Mais cette conception étroite de la connaissance scientifique laisse subsister des zones d’ombre. La conscience n’est pas un objet. Elle est ce sans quoi rien ne pourrait être pris pour objet. La conscience n’est pas détachable des sujets, car elle s’identifie à ce qui est vécu par un sujet. De façon analogue, en physique quantique, un phénomène n’est pas dissociable de son contexte expérimental, car il s’identifie à ce qui se manifeste à grande échelle au laboratoire. Que faire pour ne pas laisser ces cas extrêmes de côté ? Généraliser la méthode scientifique. Ne plus la borner à définir et à caractériser des objets, mais l’étendre à la coordination directe des expériences. Telle est la révolution de pensée qu’il faut accomplir pour résoudre, ou plutôt dissoudre, deux questions-limites de la science : le problème de l’origine de la conscience et le paradoxe du chat de Schrödinger en physique quantique.
La physique quantique n'est pas seulement à la base de nombreuses inventions de pointe. Elle constitue aussi une révolution conceptuelle de grande ampleur.Bien que ses implications pratiques comme ses conséquences philosophiques soient immenses, la physique quantique est encore mal connue des non-spécialistes, en partie à cause des difficultés qu'il y a à exposer ses fondements.Or c'est justement la gageure réussie de cet ouvrage. En un style clair, enjoué et dépourvu d'équations, Etienne Klein nous guide dans les profondeurs de la matière. Nous découvrons avec lui des expériences aussi étranges que celle des fentes de Young ", qui montre que la matière est à la fois onde et corpuscule et que ses caractéristiques sont en partie liées... à notre propre existence en tant qu'observateur humain! Après avoir pris connaissance de paradoxes surprenants comme celui du chat de Schrödinger _ un chat à la fois mort et vivant! _ nous abordons la mystérieuse question de la " non-séparabilité ", sorte d'influence qui se joue de l'espace et du temps.Prenant le relais, Bernard d'Espagnat nous montre les impressionnantes conséquences de ces découvertes; comment il en résulte que la physique ne donne accès qu'à une allégorie de ce réel dont elle maîtrise si admirablement les apparences. Notre vision du monde s'en trouve transformée et vivifiée. Loin d'apparaître comme la grande mécanique que paraissait décrire la physique classique, ce réel _ voilé et non séparable _ laisse entrevoir une profondeur et un mystère qui semblaient avoir disparu. La quête immémoriale d'un " être " qui soit plus que les matériaux qui le composent retrouve ainsi une pertinence que la science avait un moment paru nier.Ensemble, ils nous proposent un livre clair et vigoureux qui, non seulement nous initie à la physique moderne mais réhabilite aussi la dimension contemplative du métier de physicien.Bernard d'Espagnat, ancien directeur du Laboratoire de physique théorique et particules élémentaires de l'université d'Orsay, a enseigné la philosophie des sciences à la Sorbonne et fut le premier physicien théoricien en poste au CERN à Genève. De renommée internationale, il est l'auteur de plusieurs livres de référence, dont A la recherche du réel.< I>Etienne Klein est un jeune chercheur du CEA, qui travaille actuellement au CERN. Il enseigne la physique quantique à l'Ecole Centrale."
Pierre Papon nous livre ici une analyse du livre de Jean-Pierre Pharabod et Gérard Klein Heurs et malheurs de la physique quantique , en même temps qu’un texte remarquablement clair et pédagogique sur les développements de la physique quantique, ce qu’elle est, en quoi elle bouleverse les conceptions jadis régnantes en physique ainsi que nos représentations de l’Univers, et comment elle peut entraîner à l’avenir d’importants changements technologiques. Si son texte peut sembler ardu à ceux de nos lecteurs n’ayant point de culture scientifique, il est riche d’enseignements, y compris pour ceux qui s’intéressent à la prévision et à la prospective. Ils découvriront ici, en effet, combien toute simulation sur l’avenir des systèmes, y compris en sciences dures, faute de déterminisme absolu, comporte une part d’aléatoire et d’incertitude, combien nous sommes loin en réalité des relations causales simples telles que celles sur lesquelles s’appuient, par exemple, bien souvent les modèles économétriques. Ce texte explique comment la physique quantique remet en cause les lois de la physique classique, présente les « vérités incroyables » qu’elle révèle et qui seront peut-être demain à l’origine de développements scientifiques et techniques majeurs. H.J.