Si l’idée que la science ne peut accéder aux hypothétiques déterminations absolues de ce qui est, mais seulement à des relations, n’est pas une idée neuve, cet article montre que l’on doit à la mécanique quantique d’avoir systématisé le caractère relationnel de la connaissance. Clarifiant les genres de relations mises ainsi en jeu et les raisons pour lesquelles cette relationalité a été davantage ignorée en physique classique qu’en physique quantique, cet article invite à en discuter toute la portée philosophique.
Cet ouvrage est une contribution à la question : comment faut-il comprendre la mécanique quantique ? La réponse que défend l'auteur est qu'il ne faut pas chercher à l'interpréter mais qu'il faut au contraire prendre au sérieux ce qu'elle dit explicitement, sans intermédiaire ni reformulation. Cette perspective est défendue à partir de l'analyse d'un argument qui mobilise la mécanique quantique en faveur de la thèse émergentiste contre le réductionnisme. Sans chercher à arbitrer cette querelle de façon générale, l'auteur s'attache à montrer que cet argument est d'emblée biaisé par l'utilisation d'un langage qui ne convient pas à la mécanique quantique. Seule une attention soutenue aux concepts propres à la mécanique quantique et à son langage peut nous permettre de saisir ce qu'elle nous invite à faire : revoir une bonne partie de notre système conceptuel et penser différemment.