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Hybridisation d'états d'Andreev avec des modes électromagnétiques dans un circuit supraconducteur : le qubit FerBo

Joan Caceres Ramirez

Published Jul 3, 2026• 0 citations
Publisher

Abstract

Hybridizing Andreev states with electromagnetic modes in a superconducting circuit : the FerBo qubit Cette thèse de doctorat explore les propriétés d'un circuit hybride semiconducteur-supraconducteur qu'on a appelé le qubit FerBo. En remplaçant la jonction tunnel Josephson conventionnelle d'un fluxonium par un lien faible mésoscopique hébergeant des états liés d'Andreev, le circuit couple un degré de liberté fermionique à un mode électromagnétique bosonique. Cette architecture permet un mécanisme de protection basé sur la parité: à flux externe nul, les états du qubit ont la même parité en phase, ce qui supprime fortement les éléments de matrice des opérateurs de charge et de phase. Combinée à un environnement haute impédance fourni par le mode bosonique, cette propriété apporte une protection simultanée contre la relaxation et le déphasage.Ce travail comprend la modélisation théorique et une première réalisation expérimentale de cette architecture de qubit hybride. Nous avons suivi une approche incrémentale, en commençant par la caractérisation d'un réseau de jonctions Josephson et d'un fluxonium conventionnel, pour aboutir à l'implémentation d'un prototype utilisant un nanofil semiconducteur comme lien faible. Il s'est avéré que le circuit que nous avons mesuré n'a pas atteint le régime protégé, et qu'il pouvait être décrit comme un fluxonium accordable. Pour arriver à cette conclusion, nous avons dû développer une approche théorique novatrice qui permet de comprendre les détails des spectres complexes observés dans l'expérience. Cette méthode a été conçue pour traiter efficacement l'hybridation complexe entre quelques modes non-linéaires --- tels que ceux de transmons ou de fluxoniums --- et les nombreux modes linéaires présents dans le circuit étendu. Validé sur le fluxonium conventionnel, ce cadre s'est avéré essentiel pour identifier les transitions et extraire les paramètres du hamiltonien à la fois pour le fluxonium conventionnel et le fluxonium à nanofil. Associé à une description théorique du qubit FerBo, ce travail identifie les contraintes de conception associées à la présence de nombreux modes --- telles que la gestion de l'hybridation avec le mode de lecture et les interactions avec les modes linéaires --- qu'il est nécessaire de prendre en compte pour atteindre la protection matérielle dans ce type de qubit supraconducteur hybride.

DOI
10.70675/fd2b2ab9z43fez4c33z86eaz153beacb9ca7

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•Jul 3, 2026•0 citations

Anharmonicity and gate tunability in a graphene-based superconducting quantum circuit

Nicolás Aparicio

La jonction Josephson à effet tunnel consiste en une fine barrière isolante insérée entre deux électrodes supraconductrices, où les paires de Cooper peuvent passer d'une électrode à l'autre avec une très faible probabilité de transmission. Cet élément sert de source commune et nécessaire de non-linéarité dans les circuits quantiques supraconducteurs, permettant la mise en œuvre de bits quantiques supraconducteurs (qubit) et de circuits amplificateurs supraconducteurs : deux éléments constitutifs de l'informatique quantique. La fabrication de ces jonctions ne permet aucun contrôle in-situ, leur comportement étant fixé par leur géométrie. Il est courant d'intégrer au moins deux jonctions dans une boucle supraconductrice pour former un dispositif d'interférence quantique supraconducteur (SQUID), dont la phase de la fonction d'onde macroscopique supraconductrice peut être modifiée par l'application d'un champ magnétique externe. Cela permet de récupérer un certain contrôle sur un degré de liberté quantique, en accordant l'énergie du SQUID en fonction de la phase. L'intégration d'un SQUID dans un qubit supraconducteur permet finalement d'accorder sa fréquence de transition. Au cours de la dernière décennie, de nouvelles architectures de circuits quantiques supraconducteurs sont apparues, où la jonction Josephson tunnel standard est remplacée par une jonction supraconducteur-normal-supraconducteur (SNS). Cette jonction bénéficie des propriétés normales du matériau, qui peut être un semi-conducteur ou un semi-métal, et dont la densité d'états peut être contrôlée par l'application d'un champ électrique externe. Par conséquent, l'énergie d'une seule jonction peut être réglée sans dépendre d'un champ magnétique, une solution qui peut se heurter à des problèmes d'extensibilité. Actuellement, des qubits supraconducteurs avec un nanofil d'InAs, un gaz électronique 2D (2DEG) et du graphène (avec des temps de cohérence faibles) ont été démontrés.Dans cette thèse, nous étudions l'utilisation du graphène, un semi-métal de van der Waals 2D encapsulé dans du h-BN (pour le protéger de son environnement), en tant que jonction SNS accordable par une grille. La jonction Josephson en graphène est intégrée dans un qubit supraconducteur, où l'énergie de Fermi du graphène est contrôlée par l'utilisation d'une électrode de grille, sur laquelle une tension est appliquée. La grille a deux effets : elle modifie le nombre de canaux de conduction à l'intérieur du graphène, ainsi que leurs probabilités de transmission (ou transparences). Le temps de relaxation est mesuré entre 300 et 800 ns, soit un ordre de grandeur supérieur à l'état de l'art actuel en matière de qubits basés sur le graphène. Nous mesurons un grand contrôle de la fréquence de transition du qubit (plusieurs GHz). Surprenament, l'anharmonicité dépend fortement de la tension de grille avec de grandes oscillations dans le régime dopé p du graphène. Basée sur un modèle analytique de contact quantique supraconducteur, que nous avons résolu numériquement, notre analyse suggère que d'importantes fluctuations mésoscopiques de transparence se produisent dans nos dispositifs, avec des valeurs allant de 0,2 à 1, une indication d'une jonction Josephson en graphène de haute qualité. Le modèle, valable pour n'importe quel régime, démontre l'effet important de la transparence sur le spectre du qubit. La dispersion de charge (c'est-à-dire la sensibilité du qubit au bruit de charge) diminue également avec l'énergie Josephson, mais aussi avec la transparence. En particulier, en cas de transparence parfaite, la dispersion de charge devrait totalement disparaître, ce qui est hautement souhaitable pour des qubits plus résistants au bruit de charge. Nous démontrons que la dispersion de charge est effectivement plus petite que celle attendue pour un qubit supraconducteur basé sur une jonction tunnel fonctionnant dans le même régime, jusqu'à un facteur 2, avec une transparence déduite allant de 0,6 à 0,8.

•Feb 7, 2025•0 citations

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•Jan 1, 2014•0 citations

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•Jan 22, 2024•0 citations

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•Feb 7, 2025•0 citations

Coherent control of a carbon nanotube-based gatemon qubit

Riechert, Hannes

Les qubits supraconducteurs de type gatemon sont basés sur des conducteurs quantiques utilisés comme liens faibles dans des jonctions Josephson hybrides. Dans ces systèmes, le supercourant Josephson est transporté par des états liés d'Andreev dont l'accordabilité en grille permet de contrôler la fréquence du qubit. Des travaux antérieurs ont montré des mesures cohérentes dans de tels qubits gatemon avec des jonctions à base de nanofils semiconducteurs ou de graphène. Cette thèse présente la réalisation d’un qubit gatemon utilisant un nanotube de carbone ultrapropre, un conducteur intrinsèquement unidimensionnel, connecté a des électrodes supraconductrices en niobium. Le qubit est couplé à un résonateur microonde, ce qui forme un architecture cQED hybride. Le spectre du qubit mesuré en fonction de la grille présente des caractéristiques claires associées à la transition de parité de charge des états liés d'Andreev fermioniques qui sont au cœur de l'effet Josephson dans le nanotube de carbone. En outre, nous démontrons un contrôle cohérent de ce qubit gatemon avec des temps de cohérence allant jusqu'à 200ns. Notre étude montre que le temps de cohérence dépend fortement de la grille et nous identifions le bruit de charge comme un facteur limitant. Ces travaux ouvrent la voie à la manipulation cohérente de qubits fermioniques supraconducteurs dans des nanotubes de carbone.

•Sep 18, 2025•0 citations
Hybridizing Andreev states with electromagnetic modes in a superconducting circuit : the FerBo qubit Cette thèse de doctorat explore les propriétés d'un circuit hybride semiconducteur-supraconducteur qu'on a appelé le qubit FerBo. En remplaçant la jonction tunnel Josephson conventionnelle d'un fluxonium par un lien faible mésoscopique hébergeant des états liés d'Andreev, le circuit couple un degré de liberté fermionique à un mode électromagnétique bosonique. Cette architecture permet un mécanisme de protection basé sur la parité: à flux externe nul, les états du qubit ont la même parité en phase, ce qui supprime fortement les éléments de matrice des opérateurs de charge et de phase. Combinée à un environnement haute impédance fourni par le mode bosonique, cette propriété apporte une protection simultanée contre la relaxation et le déphasage.Ce travail comprend la modélisation théorique et une première réalisation expérimentale de cette architecture de qubit hybride. Nous avons suivi une approche incrémentale, en commençant par la caractérisation d'un réseau de jonctions Josephson et d'un fluxonium conventionnel, pour aboutir à l'implémentation d'un prototype utilisant un nanofil semiconducteur comme lien faible. Il s'est avéré que le circuit que nous avons mesuré n'a pas atteint le régime protégé, et qu'il pouvait être décrit comme un fluxonium accordable. Pour arriver à cette conclusion, nous avons dû développer une approche théorique novatrice qui permet de comprendre les détails des spectres complexes observés dans l'expérience. Cette méthode a été conçue pour traiter efficacement l'hybridation complexe entre quelques modes non-linéaires --- tels que ceux de transmons ou de fluxoniums --- et les nombreux modes linéaires présents dans le circuit étendu. Validé sur le fluxonium conventionnel, ce cadre s'est avéré essentiel pour identifier les transitions et extraire les paramètres du hamiltonien à la fois pour le fluxonium conventionnel et le fluxonium à nanofil. Associé à une description théorique du qubit FerBo, ce travail identifie les contraintes de conception associées à la présence de nombreux modes --- telles que la gestion de l'hybridation avec le mode de lecture et les interactions avec les modes linéaires --- qu'il est nécessaire de prendre en compte pour atteindre la protection matérielle dans ce type de qubit supraconducteur hybride.
Cette thèse de doctorat explore les propriétés d'un circuit hybride semiconducteur-supraconducteur qu'on a appelé le qubit FerBo. En remplaçant la jonction tunnel Josephson conventionnelle d'un fluxonium par un lien faible mésoscopique hébergeant des états liés d'Andreev, le circuit couple un degré de liberté fermionique à un mode électromagnétique bosonique. Cette architecture permet un mécanisme de protection basé sur la parité: à flux externe nul, les états du qubit ont la même parité en phase, ce qui supprime fortement les éléments de matrice des opérateurs de charge et de phase. Combinée à un environnement haute impédance fourni par le mode bosonique, cette propriété apporte une protection simultanée contre la relaxation et le déphasage.Ce travail comprend la modélisation théorique et une première réalisation expérimentale de cette architecture de qubit hybride. Nous avons suivi une approche incrémentale, en commençant par la caractérisation d'un réseau de jonctions Josephson et d'un fluxonium conventionnel, pour aboutir à l'implémentation d'un prototype utilisant un nanofil semiconducteur comme lien faible. Il s'est avéré que le circuit que nous avons mesuré n'a pas atteint le régime protégé, et qu'il pouvait être décrit comme un fluxonium accordable. Pour arriver à cette conclusion, nous avons dû développer une approche théorique novatrice qui permet de comprendre les détails des spectres complexes observés dans l'expérience. Cette méthode a été conçue pour traiter efficacement l'hybridation complexe entre quelques modes non-linéaires --- tels que ceux de transmons ou de fluxoniums --- et les nombreux modes linéaires présents dans le circuit étendu. Validé sur le fluxonium conventionnel, ce cadre s'est avéré essentiel pour identifier les transitions et extraire les paramètres du hamiltonien à la fois pour le fluxonium conventionnel et le fluxonium à nanofil. Associé à une description théorique du qubit FerBo, ce travail identifie les contraintes de conception associées à la présence de nombreux modes --- telles que la gestion de l'hybridation avec le mode de lecture et les interactions avec les modes linéaires --- qu'il est nécessaire de prendre en compte pour atteindre la protection matérielle dans ce type de qubit supraconducteur hybride.
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Ce mémoire présente ma contribution à l'avènement des circuits supraconducteurs comme composant de base des systèmes d'information quantique. Les variables macroscopiques des circuits électriques, telles que la tension et le courant, obéissent aux lois de la mécanique quantique tant qu'elles sont suffisamment découplées de leur environnement. Depuis que les premiers qubits supraconducteurs ont été réalisés il y a 15 ans, leurs temps de cohérence ont augmenté de 5 ordres de grandeur grâce à un meilleur contrôle de l'environnement électromagnétique des jonctions Josephson. Sur ces systèmes remarquables, nous avons réalisé des expériences qui illustrent quelques uns des aspects les plus non classiques de l'information quantique. - Les variables quantiques fluctuent même à température nulle. Ces fluctuations de point zéro imposent à un détecteur d'ajouter au moins un minimum de bruit. Nous explorons les limites quantiques de l'amplification pour des signaux microonde itinérants, et décrivons un circuit supraconducteur concret, le mixeur Josephson, capable d'atteindre cette limite. - Contrairement à l'information classique, l'information quantique peut être stockée de manière délocalisée dans l'espace grâce à l'intrication. Nous décrivons le premier circuit capable d'intriquer deux modes de champ microonde itinérants à différentes fréquences et sur des lignes de transmission séparées. Nous présentons aussi un dispositif capable de stocker un champ microonde intriqué avec un champ propageant. - La mesure d'un système quantique conduit à une réaction sur son état sans équivalent classique. Nous présentons une expérience où la trajectoire de l'état qubit est protégée de la décohérence par rétroaction basée sur la mesure. Cette expérience illustre le rôle central de la réaction d'une mesure quantique pour le contrôle par rétroaction et donc pour la correction quantique d'erreur. - Les mesures faibles fournissent une information partielle sur un système. Comme les mesures quantiques modifient l'état du système, les règles classiques de Bayes doivent être modifiées pour prédire la probabilité de trouver un résultat donné sachant qu'un certain résultat sera trouvé dans une autre mesure future. Nous décrivons une expérience où la fluorescence émise par un qubit est enregistrée dans le temps, ce qui peut être interprété comme une mesure faible et continue du qubit. L'influence de conditions sur les mesures passées et futures est explorée.
Nanostructures hybrides Supraconducteur / Semiconducteur à bases de Germanium pour l'information quantique Le qubit supraconducteur basé sur des circuits supraconducteurs se compose d'un condensateur supraconducteur et d'une jonction Josephson avec la géométrie transmon est largement utilisé dans les processeurs quantiques avancés, à la recherche d'une informatique quantique évolutive. L'accord de la fréquence du qubit du transmon repose sur l'interférence, en fonction du flux magnétique, entre les supercourants de deux jonctions Josephson S-I-S dans une boucle supraconductrice. Les jonctions Josephson basées sur des matériaux S-Sm-S ouvrent une possibilité alternative au transmon accordable par la porte, appelée "gatemon", dans laquelle la fréquence du qubit peut être accordée par une moyenne électrostatique. Les réalisations récentes de gatemons sur des plates-formes de matériaux III-V montrent un développement impressionnant de l'alternative au transmon, mais laissent encore une grande question sur l'extensibilité. L'hétérostructure SiGe est l'une des plateformes potentielles pour accueillir des dispositifs hybrides en raison de sa grande mobilité des trous et de la faible barrière de Schottky à l'interface Ge-métal. En outre, la compatibilité avec l'industrie des semi-conducteurs à base de silicium est un avantage certain pour la plateforme de qubits à grande échelle.Dans cette thèse, nous développons des gatemons basés sur la jonction Josephson Al-Ge-Al dans l'hétérostructure SiGe. Tout d'abord, nous établissons une recette de fabrication robuste, basée sur une approche descendante, pour les transistors à effet de champ Josephson (JoFET). Nous effectuons des mesures exhaustives sur les JoFET afin d'étudier leurs propriétés en fonction de la tension de grille, de la température et du champ magnétique. Les dispositifs présentent une adaptabilité à la grille du courant critique et de la résistance à l'état normal . On estime que les dispositifs ont une interface S-Sm transparente, comme le montre le produit élevé. Dans le régime de tension finie, les caractéristiques correspondant aux réflexions multiples d'Andreev sont observées. Ensuite, nous fabriquons et caractérisons des résonateurs supraconducteurs en NbN sur une hétérostructure SiGe. Nous mesurons les résonateurs en mode transmission et extrayons la fréquence de résonance, le facteur de qualité interne, et le facteur de qualité de couplage du coefficient de transmission. Ensuite, nous développons le processus de fabrication pour intégrer des gatemons, dans le schéma du résonateur et effectuons la fabrication conformément à la conception. Nous démontrons la caractéristique d'anticroisement dans l'un des gatemons fabriqués. La fréquence de résonance du gatemon est cartographiée à l'aide de la technique de spectroscopie à deux tons et il s'avère qu'elle peut être réglée par la porte. Le qubit a une grande largeur de ligne spectrale, ce qui implique un faible temps de cohérence. En outre, nous mesurons la relation courant-phase (CPR) sur les jonctions dans la géométrie du SQUID. Nous pouvons démontrer que les jonctions présentent une CPR non sinusoïdale. En outre, les pas de Shapiro entiers et demi-entiers sont observés dans les courbes caractéristiques courant-tension des jonctions irradiées. Cela indique que nos jonctions ont l'élément , ce qui peut ouvrir une autre possibilité vers des qubits protégés.
Anharmonicité et contrôle en grille d'un circuit quantique supraconducteur à base de graphène La jonction Josephson à effet tunnel consiste en une fine barrière isolante insérée entre deux électrodes supraconductrices, où les paires de Cooper peuvent passer d'une électrode à l'autre avec une très faible probabilité de transmission. Cet élément sert de source commune et nécessaire de non-linéarité dans les circuits quantiques supraconducteurs, permettant la mise en œuvre de bits quantiques supraconducteurs (qubit) et de circuits amplificateurs supraconducteurs : deux éléments constitutifs de l'informatique quantique. La fabrication de ces jonctions ne permet aucun contrôle in-situ, leur comportement étant fixé par leur géométrie. Il est courant d'intégrer au moins deux jonctions dans une boucle supraconductrice pour former un dispositif d'interférence quantique supraconducteur (SQUID), dont la phase de la fonction d'onde macroscopique supraconductrice peut être modifiée par l'application d'un champ magnétique externe. Cela permet de récupérer un certain contrôle sur un degré de liberté quantique, en accordant l'énergie du SQUID en fonction de la phase. L'intégration d'un SQUID dans un qubit supraconducteur permet finalement d'accorder sa fréquence de transition. Au cours de la dernière décennie, de nouvelles architectures de circuits quantiques supraconducteurs sont apparues, où la jonction Josephson tunnel standard est remplacée par une jonction supraconducteur-normal-supraconducteur (SNS). Cette jonction bénéficie des propriétés normales du matériau, qui peut être un semi-conducteur ou un semi-métal, et dont la densité d'états peut être contrôlée par l'application d'un champ électrique externe. Par conséquent, l'énergie d'une seule jonction peut être réglée sans dépendre d'un champ magnétique, une solution qui peut se heurter à des problèmes d'extensibilité. Actuellement, des qubits supraconducteurs avec un nanofil d'InAs, un gaz électronique 2D (2DEG) et du graphène (avec des temps de cohérence faibles) ont été démontrés.Dans cette thèse, nous étudions l'utilisation du graphène, un semi-métal de van der Waals 2D encapsulé dans du h-BN (pour le protéger de son environnement), en tant que jonction SNS accordable par une grille. La jonction Josephson en graphène est intégrée dans un qubit supraconducteur, où l'énergie de Fermi du graphène est contrôlée par l'utilisation d'une électrode de grille, sur laquelle une tension est appliquée. La grille a deux effets : elle modifie le nombre de canaux de conduction à l'intérieur du graphène, ainsi que leurs probabilités de transmission (ou transparences). Le temps de relaxation est mesuré entre 300 et 800 ns, soit un ordre de grandeur supérieur à l'état de l'art actuel en matière de qubits basés sur le graphène. Nous mesurons un grand contrôle de la fréquence de transition du qubit (plusieurs GHz). Surprenament, l'anharmonicité dépend fortement de la tension de grille avec de grandes oscillations dans le régime dopé p du graphène. Basée sur un modèle analytique de contact quantique supraconducteur, que nous avons résolu numériquement, notre analyse suggère que d'importantes fluctuations mésoscopiques de transparence se produisent dans nos dispositifs, avec des valeurs allant de 0,2 à 1, une indication d'une jonction Josephson en graphène de haute qualité. Le modèle, valable pour n'importe quel régime, démontre l'effet important de la transparence sur le spectre du qubit. La dispersion de charge (c'est-à-dire la sensibilité du qubit au bruit de charge) diminue également avec l'énergie Josephson, mais aussi avec la transparence. En particulier, en cas de transparence parfaite, la dispersion de charge devrait totalement disparaître, ce qui est hautement souhaitable pour des qubits plus résistants au bruit de charge. Nous démontrons que la dispersion de charge est effectivement plus petite que celle attendue pour un qubit supraconducteur basé sur une jonction tunnel fonctionnant dans le même régime, jusqu'à un facteur 2, avec une transparence déduite allant de 0,6 à 0,8.
Les qubits supraconducteurs de type gatemon sont basés sur des conducteurs quantiques utilisés comme liens faibles dans des jonctions Josephson hybrides. Dans ces systèmes, le supercourant Josephson est transporté par des états liés d'Andreev dont l'accordabilité en grille permet de contrôler la fréquence du qubit. Des travaux antérieurs ont montré des mesures cohérentes dans de tels qubits gatemon avec des jonctions à base de nanofils semiconducteurs ou de graphène. Cette thèse présente la réalisation d’un qubit gatemon utilisant un nanotube de carbone ultrapropre, un conducteur intrinsèquement unidimensionnel, connecté a des électrodes supraconductrices en niobium. Le qubit est couplé à un résonateur microonde, ce qui forme un architecture cQED hybride. Le spectre du qubit mesuré en fonction de la grille présente des caractéristiques claires associées à la transition de parité de charge des états liés d'Andreev fermioniques qui sont au cœur de l'effet Josephson dans le nanotube de carbone. En outre, nous démontrons un contrôle cohérent de ce qubit gatemon avec des temps de cohérence allant jusqu'à 200ns. Notre étude montre que le temps de cohérence dépend fortement de la grille et nous identifions le bruit de charge comme un facteur limitant. Ces travaux ouvrent la voie à la manipulation cohérente de qubits fermioniques supraconducteurs dans des nanotubes de carbone.