est mise en débat l'hypothèse d'une nouvelle révolution scientifique se situant dans le prolongement de celle qui s'est ouverte au tournant du XX e siècle avec la relativité et la quantique (terme proposé par Françoise Balibar et Jean-Marc Lévy-Leblond pour désigner la physique quantique).
Reflets de la Physique n° 81 26 E n juin 2024, les Nations Unies ont proclamé 2025 "International year for quantum science and technology" (IYQ), avec la volonté de mieux faire connaitre tout ce que la science quantique a apporté à la compréhension du monde et de mettre en perspective ses impacts attendus dans le futur.Une grande cérémonie d'ouverture a eu lieu à Paris à l'UNESCO les 4 et 5 février 2025, qui a réuni des dizaines de sociétés savantes venues de tous les continents, plus de 1000 participants et de nombreux lauréats Nobel.Les plus prestigieux physiciens du domaine se sont succédés à la tribune pour souligner les avancées remarquables de la science dans les champs de la matière à l'échelle microscopique et de ses interactions avec la lumière, illustrant comment la recherche s'est fortement amplifiée après la découverte du laser il y a 65 ans.De grands industriels ont aussi évoqué ce qu'ils attendent pour l'avenir des nouvelles technologies quantiques qui suscitent de fortes espérances, particulièrement dans le domaine du calcul.La physique quantique a constitué, avec la relativité, l'une des deux révolutions majeures de la physique du XX e siècle.Cette théorie n'est toujours pas réconciliée avec la gravitation.Toutefois elle n'a jamais été mise en défaut, bien que la signification de ses concepts fasse toujours débat.On peut se représenter la physique quantique comme une vieille dame très entourée, qui reste toujours en grande forme avec plein de projets dans ses cartons qui voisinent avec ses archives.
La question de la causalite a ete centrale dans les discussions qui ont accompagne l'invention des nouvelles theories physiques dans les premieres decennies du XXeme siecle, la Theorie de la relativite et la Mecanique quantique. Celles-ci en effet ont remis en cause soit la forme de la causalite physique telle qu'elle etait concue dans le cadre de la mecanique classique, soit meme la pertinence de la causalite comme telle. Or, l'intelligibilite de la nature semblait jusque-la intrinsequement liee a cette forme causale classique, et a plus forte raison a la causalite en soi. On estimait en effet que la causalite classique avait apporte la clarte dans une matiere reputee etre restee confuse chez les philosophes. Les inflexions radicales introduites par les nouvelles theories physiques conduisent donc a questionner l'intelligibilite scientifique, et dans le meme mouvement la nature et la signification de la causalite telle qu'elle est comprise par la science physique. L'etude de l'œuvre de quelques-uns des fondateurs de ces theories fait ressortir que la causalite est dans cette perspective une relation ideale qui a pour fonction d'assurer l'objectivite du discours scientifique. A ce titre, elle ne saurait etre tenue pour une propriete du reel, mais doit etre comprise comme une categorie hermeneutique. Elle opere dans le cadre d'un discours qui se concoit comme une mise en forme de phenomenes, et qui ne trouve de sens que par et dans la negation d'un ordre en soi de la nature.
La physique newtonienne introduit un espace et un temps continus, mais considère la matière, décrite en termes corpusculaires, comme discontinue. Les théories de la relativité représentent aussi l'espace-temps comme un continuum. La nature de la lumière a été source de discussions depuis avant le XVIIème siècle : est-elle constituée de particules, comme le suggérait Newton, ou bien d'ondes ? Cette dernière conception impliquait cependant l'existence d'un éther électromagnétique, dont les propriétés restaient indéterminées. Telle était la version électromagnétique du débat continu / discontinu. Au début du XIXème siècle, l'interférométrie suggéra de considérer la lumière comme une onde, plus précisément une onde électromagnétique : une victoire de la vision continue. Mais au début du XIXème siècle, la révolution quantique introduisit une vision entièrement nouvelle, qui rendit caduque les descriptions de la lumière en termes d'ondes [classiques] ou de particules. Il fallait la décrire par de nouvelles entités, fonctions d'onde ou champs quantiques. Il apparut ensuite que l'on devait décrire la matière de la même manière. Dans un sens, le débat continu / discontinu était résolu : les deux aspects étaient présents dans la matière ou dans le rayonnement, tous deux quantifiés. Du point de vue mathématique, la situation peut être décrite géométriquement, sous forme de la géométrie non commutative, ou bien algébriquement, par l'emploi d'opérateurs. L'histoire ne se termine pas là. Différents arguments suggèrent que notre description actuelle de la nature n'est pas satisfaisante, et que nous devons chercher une théorie physique plus complète et plus unifiée. La plupart des physiciens estiment qu'elle doit impliquer une quantification de la gravitation, sous une forme ou sous une autre. Celle-ci pourrait se présenter comme une quantification de la géométrie elle-même. Ceci motive une grande part de la recherche actuelle en physique fondamentale, qui considère différentes approches : géométrie quantique, gravité en boucles, réseaux de spin ou réseaux causaux, triangulation dynamiques ... Chacune introduit de nouvelles conceptions de l'espace et du temps, ou ces entités géométriques apparaissent quantifiées ; comme la matière dans la théorie quantique originale, elles incorporent des caractéristiques continues et discontinues. Nous ne savons pas si l'une de ces théories se révélera adéquate. Les travaux continuent.