Étude photométrique de l'atome de sodium: application aux étoiles lasers (LGS et PLGS)
Ioana Moldovan-Doyen
Abstract
L’objectif premier de ce travail de thèse, qui se situe dans le cadre de l’étoile laser, a été atteint :les résultats expérimentaux de photométrie obtenus sont précis, fiables et reproductibles. Un sointrès particulier a été accordé aux méthodes de calibration, qui nous ont permis d’effectuer desmesures précises de flux de fluorescence en fonction de la puissance. Les lasers sans mode ontaussi été fiabilisés.Deux codes de calculs ont interprété ces expériences : Beacon, et REM, le code que nous avonsdéveloppé. Les simulations fournies par REM et Beacon, et l’ensemble des nombreux résultatsexpérimentaux, sont en très bon accord. Chacun des deux codes présente ses avantages parrapport à l’autre : REM permet l’analyse de plusieurs situations d’excitation, comme l’excitation àun photon à 330 nm et à deux photons non-résonants, de plus, il permet assez facilement d’incluredes phénomènes collisionnels, enfin, le temps calcul est de l’ordre de quelques minutes par point(par rapport à celui de Beacon qui est de 24 heures par point). Beacon, par contre, permet la priseen compte des effets des cohérences à l’excitation et de la polarisation du laser.Dans ce travail, nous avons étudié quatre types d’excitation de l’atome de sodium, une dans lecadre LGS et trois dans le cadre PLGS. Celles-ci sont toutes très bien interprétées par REM qui neprend en compte aucun paramètre ajustable à l’exception de la pression dans la cellule de sodium,qui est choisie dans tous les cas égale à 0.2 Torr, et de la structure hyperfine prise en compte parun paramètre qui a été ajusté à 3 grâce aux résultats expérimentaux pour l’excitation à deuxphotons 589+569 nm (pour les autres cas, celle-ci est prise, sans ajustement, égale à 6).L’intégration de la structure hyperfine dans REM est nécessaire, comme le mettent en évidence lesquatre expériences de photométrie en laser sans mode. Une bonne estimation de la section efficaceà deux photons pour le cas de l’excitation à deux photons non-résonants a été aussi possible àl’aide des résultats expérimentaux.Cette thèse a été une occasion de réaliser des simulations numériques avec REM pour laproduction d’étoiles lasers dans la mésosphère. Tout d’abord, ces calculs ont montré que le flux à330 nm fourni par l’excitation à 2x578 nm est, en moyenne, 8 ordres de grandeur inférieur à celuidonné par les deux autres méthodes d’excitation. Puis, nous avons montré que, à puissance égale,le flux à 330 nm provenant de l’excitation directe à un photon à 330 nm est toujours supérieur àcelui fourni par l’excitation à deux photons résonants. On a trouvé qu’il faudrait environ 10 W UVpour égaler le flux fourni par les lasers actuels du projet ELPOA. Cette puissance en UV à 330 nmau jour d’aujourd’hui est un peu plus difficile à obtenir, mais il faut considérer aussi le fait qu’il nefaudrait qu’un seul laser pour corriger le tip-tilt.262Ce travail montre aussi que le cas du laser sans mode donne toujours le meilleur rendement defluorescence.Enfin, la précision de la mesure du tip-tilt différentiel est fortement liée aux deux paramètressuivants : l’intensité du flux Φ330 retourné à 330 nm, et à la taille de l’image Σ obtenue sur ledétecteur tip-tilt. Elle varie comme : Σ /Φ330 . La meilleure situation correspond à un flux retournéle plus grand possible et une surface de spot de fluorescence la plus petite possible. Le flux estlimité par la puissance laser et la densité de sodium dans la mésosphère ; la surface est limitée parla diffraction. Pour l’excitation à un photon en laser sans mode à 330 nm, comme on se situe dansle régime linéaire, le flux est indépendant de la surface comme le montre la formule asymptotique,et donc, la surface du faisceau peut être réduite sans avoir de pertes au niveau du flux. Aucontraire, l’excitation à deux photons est un processus non-linéaire et donc, le flux retourné dépendde la surface du faisceau. A saturation, le spot de fluorescence et celui du laser ne sont pasidentiques ; en fait, la saturation tend à augmenter la dimension du spot de fluorescence parrapport à celle du laser, et la non-linéairité tend à la diminuer dans le cas d’une PLGS.L’optimisation de ce rapport devra aussi tenir compte de la distorsion introduite par l’atmosphère.Compte tenu du bon accord obtenu dans ce travail entre REM, Beacon, et l’expérience, et enignorant les difficultés techniques supplémentaires de l’expérience sur le ciel, on peut estimer quele flux à 330 nm, au départ de la mésosphère, dans le cas du projet ELPOA actuellement engagé,sera d’environ 5x104 photons/s/m2. En prenant les valeurs de l’article [Schöck2000]7 pour latransmission de l’atmosphérique à l’OHP et des instruments de 8%, et, un temps de pose moyende 50 ms par trame, on trouve que 200 photons arriverons sur la camera. Par ailleurs, lesastronomes estime qu’il faudra pointer cette étoile UV au 600éme de sa largeur [FOY2005]8. Cecinous parait difficilement réalisable.