Au moment où Bohr nie le sens des mots "réalité physique" s'ils ne font pas référence à un dispositif expérimental, il renonce à toute connaissance de la "chose en soi". Le rapport de son épistémologie à l'idéalisme et au positivisme reste cependant obscur. Heisenberg dévie de Bohr quand il énonce une thèse métaphysique à partir de la mécanique quantique. Heisenberg constate qu'il y a une modalité intermédiaire - la potentialité - entre la possibilité logique et l'existence. Quand il essaie d'expliquer la transition de la potentialité à l'existence, il n'arrive pas à nous persuader. Schrödinger rejette l'interprétation que donne Bohr de la mécanique quantique comme un exercice positiviste, et il cherche une interprétation réaliste. Néanmoins, la métaphysique de Schrödinger est au fond idéaliste ; elle maintient l'idée que l'aspect matériel du monde est composé des mêmes éléments que l'esprit, mais dans un ordre différent.
Au moment où Bohr nie le sens des mots "réalité physique" s'ils ne font pas référence à un dispositif expérimental, il renonce à toute connaissance de la "chose en soi". Le rapport de son épistémologie à l'idéalisme et au positivisme reste cependant obscur. Heisenberg dévie de Bohr quand il énonce une thèse métaphysique à partir de la mécanique quantique. Heisenberg constate qu'il y a une modalité intermédiaire - la potentialité - entre la possibilité logique et l'existence. Quand il essaie d'expliquer la transition de la potentialité à l'existence, il n'arrive pas à nous persuader. Schrödinger rejette l'interprétation que donne Bohr de la mécanique quantique comme un exercice positiviste, et il cherche une interprétation réaliste. Néanmoins, la métaphysique de Schrödinger est au fond idéaliste ; elle maintient l'idée que l'aspect matériel du monde est composé des mêmes éléments que l'esprit, mais dans un ordre différent.
Depuis le congrès Solvay de 1927, le point de vue de Bohr, Born, Pauli et d’Heisenberg s’est imposé à toute la science contemporaine contre celui d’Einstein, de Broglie et de Schrödinger : il faudrait dorénavant renoncer au déterminisme et à l’existence d’une réalité objective, mais aussi à la possibilité d’une compréhension du monde physique.L’objectif principal de ce livre est de faire connaître l’onde pilote de Broglie-Bohm, une interprétation alternative qui conserve déterminisme et réalisme et qui faisait dire à John Bell : « Pourquoi l’image de l’onde pilote est-elle ignorée dans les cours ? Ne devrait-elle pas être enseignée, non pas comme l’unique solution, mais comme un antidote à l’autosatisfaction dominante ? Pour montrer que le flou, la subjectivité, et l’indéterminisme, ne nous sont pas imposés de force par les faits expérimentaux, mais proviennent d’un choix théorique délibéré ? »Ce livre étudie les limites de l’onde pilote de Broglie-Bohm et en cherche un dépassement. La « théorie de la double préparation » que proposée par Michel et Alexandre Gondran dépend des conditions de préparation du système quantique et correspond à une réponse à la « théorie de la double solution » que de Broglie a recherchée toute sa vie. Elle permet de mieux comprendre les points de vue d’Einstein, de Broglie et de Schrödinger.Enfin, les auteurs montrent qu’il existe des interprétations de la relativité générale compatibles avec la théorie de la double préparation. Elles permettent une vision commune entre mécanique classique, mécanique quantique et relativité générale dans un espace à quatre dimensions.
La question du rapport entre le formalisme et l'interprétation physique se pose non seulement au moment des réorganisations d'un système théorique et conceptuel, mais dans le travail d'élaboration théorique lui-même. C'est sous ce double aspect que nous examinons les travaux et la pensée de Schrödinger relativement à la physique quantique. Son travail sur le formalisme mathématique est constamment sous-tendu par une pensée proprement physique qui prend la forme d'une intuition ondulatoire, garante pour lui de l'intelligibilité. Quant à sa pensée de l'interprétation de la mécanique quantique, elle reste marquée, à travers son évolution, par une ‘image ondulatoire du monde'. On étudie également la manière dont il aborde la structure de l'espace-temps de la Relativité générale, favorisant la possibilité d'une interprétation directe des grandeurs géométriques spatiotemporelles.
Je me propose dans ce travail de comparer la fonction épistémologique que Cassirer assigne à l'intuition sensible dans la physique quantique à celle qui lui est attribuée par Bohr. Je montrerai que tous deux coïncident sur l'impossibilité de considérer les représentations spatio-temporelles comme des exhibitions directes d'objets et de processus atomiques dans l?intuition. En ce sens, tout autant Cassirer que Bohr considèrent que notre connaissance du domaine quantique est une connaissance symbolique. Cependant, alors que pour Cassirer ceci implique que les images spatio-temporelles ne jouent aucun rôle dans la physique quantique, Bohr soutient que ce sont ces images qui apportent une référence physique au formalisme mathématique de la théorie. Au lieu de se réjouir comme Cassirer d'un soi-disant abandon des représentations sensibles en physique atomique, Bohr soutient que celles-ci doivent être conservées pour que les objets et les processus quantiques soient exhibés indirectement dans l'intuition. Je montrerai qu'avec cette position, Bohr adopte un concept de symbole plus proche de celui de Kant que celui que propose le néokantien Cassirer dont les caractéristiques sont, dans un certain sens, plutôt leibniziennes. À la lumière de cette analyse, nous verrons que, pour Cassirer, ce n'est qu'à travers un renoncement complet aux représentations sensibles en physique quantique qu'il est possible d'atteindre une systématicité dans la connaissance physique. Je soutiendrai que Bohr, au contraire, est capable de rendre compte aussi bien de la référence empirique de la théorie quantique, que de sa relation systématique avec la physique classique.
Donner un sens à la mécanique quantique exige de remonter à l'origine de la connaissance. Cela exige de revenir tout près de l'expérience incertaine, limitée et fugace à partir de laquelle nous cherchons à évaluer les possibilités futures. En ces commencements, rien ne doit être considéré comme allant de soi, pas même que des choses stables existent ou que des événements sont réellement arrivés. Dès que ces deux « évidences » du sens commun ont été mises à l'épreuve, la plupart des paradoxes quantiques se dissolvent. C'est le cas des énigmes de la non-localité, ou du paradoxe du chat de Schrödinger mi-mort mi-vif. L'idée même d'une « pluralité de mondes », souvent invoquée dans l'interprétation de la mécanique quantique, est reconduite aux situations élémentaires de la vie humaine où s'opposent l'actualité collectivement reconnue et les possibilités intellectuellement envisagées.
Nous montrons que la longue et âpre querelle sur l’interprétation de la mécanique quantique s’explique par le fait que chacun des pères fondateurs fonde sa conviction sur une vérité indiscutable, mais partielle. Pour proposer une interprétation synthétique de la mécanique quantique, nous devons tenir compte de la façon dont les particules quantiques sont préparées et de la validité de l’approximation semi-classique, c’est-à-dire si les actions ont des valeurs très supérieures ou non à la constante de Planck. On parlera de particules discernées quand la fonction d’onde représente complètement la particule et de particules indiscernées lorsque la fonction d’onde n’est plus suffisante. Dans le cas indiscerné semi-classique où la fonction d’onde ne suffit pas pour représenter les particules quantiques, il est obligatoire de lui ajouter les positions initiales des particules et l’interprétation de Broglie-Bohm-Bell s’impose. Bien qu’il existe un déterminisme pour ces particules, on se trouve, à l’échelle de notre représentation, devant un indéterminisme empirique lié à la non-connaissance de la position initiale de la particule. Dans le cas discerné semi-classique où la fonction d’onde suffit pour représenter les particules quantiques, l’interprétation de Schrödinger semble s’imposer. À l’échelle de notre représentation, il existe un déterminisme ontologique pour ces particules. Dans le cas où l’approximation semi-classique n’est plus valable, comme lors de la transition entre deux nivaux de l’atome d’hydrogène, les deux interprétations précédentes de la fonction d’onde de Schrödinger s’avèrent fausses comme le pensaient Einstein et Heisenberg. L’interprétation statistique de Born est alors la seule interprétation possible de l’équation de Schrödinger. L’interprétation déterministe doit alors se faire à partir des opérateurs de création et d’annihilation de la théorie quantique des champs et non à partir de l’équation de Schrödinger. Nous appelons cette interprétation synthétique de la mécanique quantique l’interprétation EB 5 SH (Einstein, de Broglie, Bohm, Bell, Bohr, Born, Schrödinger, Heisenberg).
Résumé Ce texte propose au lecteur une brève incursion au sein de la physique théorique pour y dessiner, à grands traits, une configuration épistémique qui n’est pas sans similitudes avec la subversion psychanalytique. Il y est montré comment la situation expérimentale de la mécanique quantique a produit un sujet inédit, appartenant à la même région ontologique que son objet. L’auteur s’attardera sur le « retour à Einstein » réalisé par Bohr et Heisenberg en illustrant le déplacement des enjeux épistémiques, associé à ce retour, par les analogies de Bohr entre théorie de la relativité et mécanique quantique. On relèvera ensuite comment Bohr a conçu un procédé d’écriture nouveau pour faire place à l’inédit de l’objet quantique. Pour terminer, l’auteur procèdera à l’étude des démarches d’investigations conceptuelles quantique et psychanalytique dans la production du savoir sur l’objet. Parce qu’on ne peut pas tout dire de l’objet, il faut faire place au non-savoir dans la configuration du savoir lui-même. La complétude du sujet connaissant se voit trouée par le forçage symbolique de l’écriture de Bohr et de Lacan. L’investissement, toujours relancé, du sujet de l’énonciation et du sujet physique à l’égard de leur objet, destitue le savoir de l’exigence réaliste et promeut un désir, distinct du classique leurre imaginaire.