Psychanalyse et mécanique quantique mettent en question la possibilité d’une Westbild, elles entament de ce fait un profond remaniement de l’objectalité et de l’agencement des savoirs occidentaux.Le réel s’avérant inaccessible (l’homme ne « lit » plus le livre de la nature, mais l’« écrit en partie ») il convient de réactiver la question de « sciences conjecturales » de Nicolas de Cues (la confrontation d’une multiplicité de points de vue sur une même réalité).Nous avons choisi, en étant en particulier attentif à la place méconnue de l’énonciation au sein de la physique, d’interroger la manière dont ces deux savoirs et quelques autres rencontrent la question de la langue, de la traduction et de l’intraductible, voire de la création poétique, sollicitant les formes dormantes de la langue.
Psychanalyse et mécanique quantique mettent en question la possibilité d’une Westbild, elles entament de ce fait un profond remaniement de l’objectalité et de l’agencement des savoirs occidentaux.Le réel s’avérant inaccessible (l’homme ne « lit » plus le livre de la nature, mais l’« écrit en partie ») il convient de réactiver la question de « sciences conjecturales » de Nicolas de Cues (la confrontation d’une multiplicité de points de vue sur une même réalité).Nous avons choisi, en étant en particulier attentif à la place méconnue de l’énonciation au sein de la physique, d’interroger la manière dont ces deux savoirs et quelques autres rencontrent la question de la langue, de la traduction et de l’intraductible, voire de la création poétique, sollicitant les formes dormantes de la langue.
Il y a un paradoxe de la mécanique quantique : voilà une théorie considérable de la physique contemporaine dont on est bien en peine de dire sur quoi elle porte et ce qu’elle signifie, car cela même ne va pas de soi. Le but de ce livre est de tenter d’élucider ce paradoxe. Pour cela, il convient de refaire table rase. Dans un premier temps, l’auteur entend n’appuyer sa construction que sur les certitudes tacites et les normes qui conditionnent la vie, la communication, et le travail au laboratoire. Cette façon de reconduire l’œuvre théorique aux gestes élémentaires du chercheur doit cependant éviter de n’aboutir qu’à un « empirisme dénué de sens » (Einstein). L’ouvrage apporte deux sortes de réponses à une telle critique. D’une part, on s’aperçoit que la forme de la théorie, loin d’être conditionnée par la seule nécessité de sauver les phénomènes, reflète de manière contraignante les conditions de possibilités d’un certain mode très général d’anticipation et d’objectivation des résultats expérimentaux. La quantification et les effets ondulatoires apparaissent pouvoir découler de ces conditions. D’autre part, si la référence, l’acte de visée vers un au-delà des manipulations instrumentales, ont été bloqués d’abord, ce n’était que pour mieux dégager les critères du choix qui peut être effectué ensuite entre plusieurs représentations de l’objet supposé de la physique quantique. Date de première édition : 1996.
Le débat sur l'interprétation de la mécanique quantique est, aujourd'hui, sensiblement différent de ce qu'il était dans la période de «fondation» de cette théorie. Cette modification tient à deux causes : l'ancrage des conceptions quantiques dans la pensée des physiciens, favorisé par l'utilisation systématique et fructueuse de la théorie quantique en physique atomique et subatomique, d'une part et, d'autre part, les développements théoriques et expérimentaux survenus au cours des vingt dernières années, qui ont amené à considérer comme des faits physiques des énoncés qui paraissaient naguère relever davantage de l'interprétation, avec liberté d'options, voire de la spéculation. Quelle est la signification des énoncés et des concepts théoriques de la physique quantique ? et comment celle-ci s'est-elle modifiée ? Qu'entend-on par «interprétation» ? Telles sont les questions qui servent de guide à ce travail. Nous nous proposons de clarifier ce qui, dans les questions de signification, relève respectivement de la physique (essentiellement les contenus conceptuels et théoriques), et de perspectives philosophiques. Cette distinction est plus nette aujourd'hui qu'elle ne l'était au moment de l'établissement de la mécanique quantique, ce qui permet d'approfondir notre compréhension de chacun de ces deux aspects, qui s'enrichissent mutuellement de cette clarification. Nous nous interrogeons, pour terminer, sur ce que peut être une conception réaliste en termes d'un «monde d'objets quantiques».
Pour le troisième article de la série Regards sur les sciences et technologies quantiques , Reflets de la Physique aborde un sujet lié aux fondements mêmes de la discipline, celui de l’interprétation de la mécanique quantique. Reflets de la Physique a demandé à Franck Laloë de résumer les idées exposées dans son livre intitulé Comprenons-nous vraiment la mécanique quantique ? consacré aux fondements de la mécanique quantique. Ce livre présente en effet dans sa dernière partie un panorama général des différentes interprétations, les premières parties étant consacrées à un exposé historique sur la naissance des concepts quantiques et leur développement, à l’impact des idées de Bell et de son théorème et à leurs applications récentes à de nombreux domaines. Il était en fait impossible de résumer ce livre en quelques pages, mais nous remercions l’auteur d’avoir accepté de donner dans l’article qui suit un aperçu équilibré des principales interprétations de la mécanique quantique, dont certaines restent complexes et difficiles à appréhender et sont toujours discutées aujourd’hui entre physiciens et épistémologues.
Résumé Ce texte propose au lecteur une brève incursion au sein de la physique théorique pour y dessiner, à grands traits, une configuration épistémique qui n’est pas sans similitudes avec la subversion psychanalytique. Il y est montré comment la situation expérimentale de la mécanique quantique a produit un sujet inédit, appartenant à la même région ontologique que son objet. L’auteur s’attardera sur le « retour à Einstein » réalisé par Bohr et Heisenberg en illustrant le déplacement des enjeux épistémiques, associé à ce retour, par les analogies de Bohr entre théorie de la relativité et mécanique quantique. On relèvera ensuite comment Bohr a conçu un procédé d’écriture nouveau pour faire place à l’inédit de l’objet quantique. Pour terminer, l’auteur procèdera à l’étude des démarches d’investigations conceptuelles quantique et psychanalytique dans la production du savoir sur l’objet. Parce qu’on ne peut pas tout dire de l’objet, il faut faire place au non-savoir dans la configuration du savoir lui-même. La complétude du sujet connaissant se voit trouée par le forçage symbolique de l’écriture de Bohr et de Lacan. L’investissement, toujours relancé, du sujet de l’énonciation et du sujet physique à l’égard de leur objet, destitue le savoir de l’exigence réaliste et promeut un désir, distinct du classique leurre imaginaire.
La poesie mystique et la theorie quantique peuvent apparaitre comme deux manieres contraires d’explorer et d’expliquer le reel. Je crois cependant que chacune d’elles nous propose une sorte de viatique pour voyager au “coeur du vivant”. Nourrie de quelques lectures intuitives, je compare leurs theories, leurs poemes et leur representation du reel pour montrer que le cheminement de tout chercheur commence dans l’imaginaire. La poesie mystique et la theorie quantique n’utilisent pas le meme langage ni les memes symboles mais toutes deux creent des fictions pour transmettre une science. On pense communement que le poete mystique et le physicien contemporain ne croient pas au meme reel mais tous les deux sont confrontes a un ordre cache que leurs fictions tentent de reveler. En tant que pratiques intellectuelles, elles ont donc en commun une soif de connaissance. L’une nous fait miroiter les enseignements de la sagesse divine par l’epreuve de l’intellect ; l’autre nous invite a reflechir sur les resultats scientifiques par les preuves rationnelles.
L'objectif de cette thèse est de comprendre l'influence de la culture des physiciens sur leurs représentations mentales profondes du réel. Ces représentations, appelées themata, sont des options ou des présupposés philosophiques : déterminisme, réductionnisme, objectivité, etc. Sont-elles partagées par les scientifiques, au-delà de leurs spécificités culturelles géographiques, reflettant ainsi les valeurs partagées de la science ? Autrement dit, la science est-elle vraiment universelle ? Ou bien la culture locale des scientifiques exerce-t-elle une influence sur leurs représentations du réel dans le cadre de leur travail scientifique ? Nous avons comparé plus de soixante-dix physiciens indiens et français, au sujet de leur représentation du réel, en particulier au sujet de la physique quantique.Les résultats de notre recherche montrent qu'il existe des différences entre certains themata des physiciens indiens et français. Nous avons en particulier observé que les physiciens indiens apparaissent plus déterministes que les physiciens français ; ils sont plus attachés à l'appréhension discrète et non continue de la matière ; ils accordent un rôle plus important au caractère subjectif de la connaissance c'est à dire à l'observateur, ils ont une approche plus systémique des objets et phénomènes physiques et ils conçoivent un ordre sous-jacent aux phénomènes, ce qui est beaucoup moins le cas pour les physiciens français. A l'issue de notre recherche, nous estimons que les physiciens indiens et français adhèrent à des themata différents. Nous pouvons donc parler de spécificités locales (ou nationales) pour les themata, c'est-à-dire de « styles thématiques locaux » (STL), un concept que nous développons spécifiquement pour cette recherche. Nous observons par ailleurs, que dans le cas de la physique quantique, ces « styles thématiques locaux » semblent influencer les choix de représentation et d'interprétation de la théorie quantique